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SOUTH OF THE BORDER

Un film de Oliver Stone

Un continent en devenir, porté par un autre modèle

Lors de la crise de 1988, l'armée vénézuelienne tue plus de 200 personnes. En 1992, Hugo Chavez, militaire, est condamné pour avoir tenté un coup d'État. En 1998, l'homme est élu président...

Avec "South of the Border", Oliver Stone fait le tour de l'Amérique du sud et dissèque l'émergence d'un mouvement "Bolivarien" et d'une union de pays qui refusent de se plier au bon vouloir des dirigeants des USA ou du FMI. Partant d'une rencontre avec Hugo Chavez, président du Vénézuela, il met en évidence les agissements de son propre pays, les États Unis, ayant visé à renverser cet ancien militaire devenu homme de gauche, ayant redressé en partie son pays en nationalisant notamment les ressources. Au travers de nombreuses entrevues et d'images d'archives, il montre comment intérêts financiers se retrouvent de connivences avec mensonges médiatiques. L'épisode de la manipulation d'images de fusillades, attribuées au pouvoir, et préparant le coup d'État de Carmona de 2002, est d'ailleurs des plus édifiants. De même que la grève du pétrole qui a failli ruiner son pays.

Bien entendu, le portrait est peut-être un rien trop sympathique, le réalisateur semblant adhérer à l'excès au discours du dirigeant interviewé, mais Stone n'en délaisse par pour autant les quelques zones d'ombre du personnage. Il pointe avec bonheur le cynisme et la compréhension affichée par les dirigeants des pays d'Amérique du Sud (y compris Bolivie, Argentine, Brésil...) des agissements des Etats Unis, devenant par là même risibles, et source de complicité entre les contestataires. Comme Michael Moore, il pointe l'importance des intérêts économiques (pétrole, gaz) comme seul moteur de l'interventionnisme de son pays. Une tournée en forme d'espoir de création d'une Union d'Amérique latine, processus qui serait aujourd'hui en bonne voie.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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