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SOUS LES BOMBES

Un film de Philippe Aractingi

Vers la nuit, et l'espoir

Une jeune femme, revenue au Liban après quelques années passées à Dubaï, recherche son fils et sa mère dans un pays dévasté par les bombardements. Elle engage un peu malgré, un chauffeur de taxi, qui va lui servir de guide...

Tourné sur site, peu de temps après les bombardements israéliens de l'été 2006, ce film libanais est le récit d'une quête, celle d'une femme revenue dans son pays d'origine chercher les traces de sa mère et son fils. Sous forme de road movie, et à l'aide de quelques archives ponctuellement utilisées, le réalisateur nous fait découvrir un pays une nouvelle fois anéanti, dans lequel la solidarité quotidienne cohabite avec une forme de journalisme « téléguidé ». Interprétée par la formidable Nada Abou Farhat, l'héroïne va peu à peu évoluer, passant du calme à la panique, de la distance due à l'exil à une complicité avec ses semblables, son peuple, qu'elle avait presque oublié de par son mode de vie moderne. A ses côtés, dans le rôle du chauffeur de taxi à l'allure roublarde, Georges Khabbaz fait des merveilles, alliant mesquinerie apparente et générosité réelle.

Certaines scènes, caméra à l'épaule, sont des plus déchirantes, comme la recherche du cercueil de la mère au coeur d'un village détruit. D'autres sont simplement effrayantes, comme la juxtaposition de reportages télé présentant une accalmie des tensions et un défilé d'enterrement où les gens prônent la haine contre les américains et les israéliens. Sans aucun commentaires, le réalisateur construit son point de vu, meurtri, laissant le spectateur se faire enfermer dans cette nuit, symbole de cul de sac, qui envahit peu à peu le film. L'angoisse monte d'un cran à chaque nouvelle scène, le désert faisant pourtant place à l'humain, toujours accroché à la vie, en ces contrées dévastées. Une ode à un nécessaire espoir.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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