Bannière Festival de Berlin - Berlinale 2020

SINISTER 2

Les films se suivent mais ne se ressemblent pas…

Après avoir quitté la police, l’ex shérif adjoint So & So continu d’enquêter sur les mystérieuses tueries qui l’obsèdent depuis sa rencontre avec l’auteur Ellison Oswalt ["Sinister 1"]. Alors qu’il s’apprête à faire brûler une maison où l’un de ces drames s’est produit, il fait la rencontre de Courtney Collins, une mère célibataire qui s’est installée là avec Zach et Dylan, ses deux jumeaux de 9 ans, pour fuir son mari qui les battait. Elle aura grand besoin de l’aide de l’ancien policier lorsqu’elle se rendra compte du danger que l’entité qui occupe cette maison fait peser sur sa famille…

Dans l’absolu, "Sinister 2" n’est ni un bon, ni un mauvais film. Non, c’est le genre de long-métrage sans relief que l’on va voir et que l’on a oublié la semaine suivante, alors que sortent d’autres nombreux films commandés aux « yes man » qui arpentent les studios hollywoodiens. Ceux qu’on appelle les « yes man », ce sont ces réalisateurs qui sont employés par les studios pour transformer en films les milliers de scripts que les grosses sociétés de production reçoivent et gardent de côté. D’ailleurs, il faut savoir que BlumHouse Productions a posté une annonce sur Twitter pour trouver un réalisateur avant de s’intéresser à Ciaran Foy !

C'est vous dire à quel point le côté artistique passe au second plan. Car malheureusement, Scott Derrickson n’était pas disponible pour réaliser la suite de son film, il s’est donc contenté de travailler avec C. Robert Cargill sur le scénario de "Sinister 2". C’est sans doute pour cela que ce deuxième volet semble plus fade, plus terne, plus aseptisé, dans la droite ligne de ce que deviennent les sagas que produit Jason Blum. Épisode après épisode, les films perdent de leur intérêt, de leur éclat et de leur originalité, et c’est bel et bien ce que l’on ressent devant le deuxième volet de ce qui est désormais la saga Sinister.

Dans "Sinister 2", on échappe au problème de la sous-exposition, principal écueil du premier épisode où de nombreuses scènes étaient bien trop sombre pour que l’on puisse vraiment en apprécier toute la tension. Pas de sous-exposition donc mais pas non plus de petits effets de style qui faisaient toute l’âme du premier volet.

Résultat, le film est moins tendu, moins stressant. On s’inquiète un peu pour des personnages qui s’avèrent relativement attachants mais rien de plus. D’ailleurs, le shérif adjoint, même s’il est toujours interprété par James Ransone, n’a plus rien à voir avec le personnage passif servant de faire valoir à Oswalt dans "Sinister". Mais réussir les personnages ne fait pas tout et, même si l’ambiance super 8 est toujours là, elle est beaucoup moins marquante. Pourtant, les scènes de meurtres sur pellicule sont plus crues et plus violentes que dans le premier volet, mais Foy peine à installer l’ambiance malsaine et un peu désuète qui se dégageait du premier.

Finalement, à l’image de nombreux films produits par Jason Blum, "Sinister 2" est loin de tenir toutes ses promesses. Un film d’horreur qui, sans être désagréable à regarder, ne mérite pas vraiment que l’on s’y attarde.

Adrien VerotEnvoyer un message au rédacteur

Laisser un commentaire