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SHAOLIN BASKET

Une interminable succession de matchs

Shi-Jie est un orphelin qui a été élevé dans une école de kung-fu. Devenant grand, il passe son temps entre ses deux divertissements préférés : le basket et les filles. Lorsque Chen-Li, entraîneur, s'aperçoit que sa maîtrise des arts martiaux fait du jeune homme un fabuleux joueur de basket, il l'invite à venir jouer pour l'équipe de l'université. Mais Shi-Jie va tomber amoureux de la sœur du capitaine...

Surfant sur le succès du délirant « Shaolin soccer », voici donc la version basket-ball de la chose, en espérant que des producteurs sans suite dans les idées, ne nous servent pas tous les sports olympiques à la même sauce. Le point de départ est déjà un simple prétexte : le personnage central, l'orphelin, est né près d'un terrain de basket... du coup il s'adonne à ce sport. Ce type de liens de causalité ridicule est une évidence.

Au début du film, une fois passée la scène de l'enfance, avec mort du maître congelé par sa propre capacité à utiliser le kung-fu pour remonter le temps (sic!), on espère un instant que l'on va se retrouver face à une comédie décalée. En effet, nous avions droit à une amusante présentation des trois filles sensées avoir été les « fiancées » du héros, mais qui n'étaient pas vraiment fan de lui : l'une voulait se tuer s'il n'arrêtait pas de le suivre, l'autre l'invitait à l'aimer dans une vie ultérieure, et la dernière menaçait de sauter avec lui... s'il ne lui rendait pas son argent. On pouvait aussi se laisser séduire par le portrait de l'entraîneur, roi de la débrouille, se faisant servir à manger par sa fille, qui lui dresse la table à l'extérieur du restaurant où elle travaille. Une sympathique allusion à la Belle et le clochard, la romance en moins...

Malheureusement la suite bascule dans l'humour à deux balles (le jeune qui combat les mafieux, pendant que son maître se goinfre de petits fours, et avale goulûment verre sur verre...), les batailles de coqs (entre un ténébreux capitaine et le nouveau venu), les matchs de baskets interminables et de multiples pitreries (le joueur honteux qui se cache derrière un autre lorsqu'il touche un spectateur avec le ballon...). Il faut dire que l'on se moque un peu des théories sur le rebond contre le lancer, du trauma du capitaine (qui a vu l'un ses meilleurs joueurs partir, former une équipe concurrente et lui piquer sa femme...) et des techniques ridicules qui ont pour objectif de gagner un match (voir la partie décisive rejouée, où ils font appel aux anciens dirigeants de l'école, qui se transforme en une bataille de kung-fu qui n'a plus rien à voir avec le basket...).

Heureusement, on retiendra la leçon finale : la solution quand on perd un match serait sûrement de remonter le temps... grâce au kung-fu. Et si les producteurs remontaient aussi le temps... et choisissaient de développer un autre projet ?

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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