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THE SESSIONS

Un film de Ben Lewin

La touchante vie sexuelle d’un homme paralysé

Mark O’Brian est écrivain et poète. Depuis son plus jeune âge, il souffre de la polio et est condamné à rester sur un brancard, entièrement paralysé. Une aide-soignante est présente pour l’aider dans ses tâches quotidiennes, mais il ne l’apprécie guère. Il décide alors de poster une petite annonce à la recherche d’une nouvelle auxiliaire de vie avec laquelle il aurait plus d’affinités…

Mark O’Brian a réellement existé et Ben Lewin tire son film des mémoires du fameux poète, décédé en 1999. Enfermé le plus clair de son temps dans un caisson dont il ne peut sortir que seulement trois heures d’affilée, Mark a beau être prisonnier de son corps qui ne répond plus, il parvient néanmoins à s’évader grâce à son imagination, mais surtout grâce à son humour. Car « The Sessions » aurait pu aisément se complaire dans la commisération et le voyeurisme déplacé, mais Ben Lewin réussit brillamment à éviter ces travers, et c’est en partie grâce à l’extraordinaire optimisme de son protagoniste.

À mille lieux des rôles dans lesquels il a pu s’illustrer avec brio ces deux dernières années (Gourou magnétique dans « Martha Marcy May Marlene » et oncle inquiétant dans « Winter's bone »), John Hawkes éblouit par son sourire rempli de candeur et de naïveté. En acceptant d’incarner Mark O’Brian, et surtout en parvenant à lui donner une telle épaisseur à travers son humour, ses peurs, ses émotions qu’il décrit à voix haute et en toute sincérité, l’acteur confirme l’immense talent qu’il laissait deviner dans ses seconds rôles. À ses côtés, on trouve Helen Hunt, également très convaincante dans un rôle non moins aisé, celui de sexe thérapeute, chargée de permettre à Mark de connaître ses premiers émois sexuels, lui qui n’a jamais pu avoir de contact avec le sexe opposé, au-delà d’un simple baiser.

Le titre du film est une référence aux sessions d’apprentissage de la sexualité suivies par Mark, et le réalisateur alterne parfaitement les séquences de thérapie avec celles des confessions de Mark à son prêtre bienveillant (Wiliam H. Macy) au cours desquelles il revient sur ses impressions et ses émotions avec une profonde sincérité. Le film de Ben Lewin parvient ainsi à faire preuve d’une indicible pudeur, alors qu’il montre tout de même énormément. Un exploit qui tient grâce à la délicatesse de sa mise en scène et bien sûr à l’excellence de ses deux acteurs principaux qui auraient eu toute leur place au palmarès des Oscars.

Alexandre RomanazziEnvoyer un message au rédacteur

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