Parce qu'on en a jamais assez !

SESSION 9

Un film de Brad Anderson

Pour le lieu, angoissant en lui même

Une équipe de déflocage d'amiante se retrouve à devoir traiter un ancien hôpital psychiatrique dans un délai recors de deux semaines. Alors que certains doivent gérer simultanément leurs problèmes personnels, Mike (Stephen Gevedon) commence à écouter en douce des enregistrements d'entretiens médicaux auprès d'un patient doté de plusieurs personnalités…

L'idée de départ était excellente. Faire de cet hôpital psychiatrique le personnage principal du film, par son ampleur et le passé fantasmé qu'il recelle avait de quoi donner un monument de l'angoisse cinématographique. Et Brad Anderson (Next Stop Wonderland), exploite plutôt bien les lieux, usant des couloirs, grillages et dédales à merveille, il en fait un décors apocalyptique, au milieu duquel les objets les plus évocateurs jonchent le sol, et sont autant de sujets de découvertes supposées macabres.

Ajoutant une dimension équivoque, par l'intrusion dans le quotidien d'un travail méticuleux, des soucis personnels de chacun (un bébé encombrant, une ex-femme partie vivre avec un autre membre de l'équipe, un usage de la drogue supposé terminé qui semble revenir au galop…), les scénaristes tenaient là un mélange savant et captivant. Installant peu à peu une ambiance paranoïaque, entre les protagonistes, mais aussi vis à vis du lieu, le réalisateur ne réussit cependant pas à donner à une fin, dont le secret est assez décevant, une dimension à la hauteur de l'attente générée et de l'inquiétude grandissante, même si une certaine résonance se produit. Dommage.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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