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SEA FOG – LES CLANDESTINS

Survival en pleine mer

Ne voulant pas se séparer de son vieux chalutier qui tombe en ruine, un commandant de bord accepte de convoyer des clandestins sino-coréens contre une somme d'argent qui lui permettra de le rénover. Mais alors qu'ils s'approchent du bateau qui doit leur remettre la précieuse cargaison, les membres de l'équipage découvrent que ces immigrés sont bien plus nombreux que prévu...

Débutant comme un film social, « Sea Fog » décrit d'emblée les difficultés de pêcheurs qui vivent péniblement de leur métier, risquant leur vie sur le pont, et retournant, une fois à terre, dans des foyers miséreux ou en pleine déliquescence. Sachant que le producteur et co-scénariste n'est autre que Bong Joon-Ho (« The host »), il n'est alors pas étonnant que ce point de départ cache un film violent, aux rebondissements multiples, qui parle avant tout de survie, tout en décrivant les obsessions des marins, de l'amour sans concession pour un rafiot, au manque de sexe...

En prenant des chemins inattendus, le scénario met un groupe de novices face à ses responsabilités, à la manière d'un film de gangsters amateurs, confrontés à une erreur fortuite. Dressant divers portraits, plus ou moins durs, dont celui du terrifiant commandant (sorte de Capitaine Némo plus obsédé par son navire que par toute vie humaine), chacun se confrontant de manière différente à la culpabilité, c'est finalement le monstre qui sommeille en chacun qui se retrouve scruté ici. Il n'y a donc aucune hésitation à avoir, pour se laisser embarquer dans ce voyage macabre, aux scènes sanguinolentes et au suspense maîtrisé, concocté par le co-auteur de « Memories of murder ».

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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