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ROBIN DES BOIS

Un film de Otto Bathurst

La flèche rate sa cible

Robin de Loxley est un petit noble de Nottingham qui vit une histoire d’amour avec Marianne. Un jour, il est appelé à combattre pour les Croisades. A son retour en Angleterre quelques années plus tard, tous ses biens ont été confisqués par le sheriff de Nottingham et Marianne a disparu. Robin aidé par un maure appelé Jean (qu’il a sauvé lors des croisades) décide de se venger…

Dans cette énième relecture cinématographique du mythe de Robin des Bois, on ne s’embarrasse pas de la réalité historique et on plonge directement dans la légende puisqu’une voix-off au début du film nous propose de nous conter cette histoire mais ne sait plus à quelle époque elle a eu lieu. Cette version 2018 s’inscrit ainsi dans le sillage de la relecture moderniste de la légende des chevaliers de la table ronde qu’avait opérée Guy Ritchie en 2017 avec son long-métrage "Le roi Arthur : la légende d’Excalibur".

Cette modernisation du mythe de Robin des bois souffre de tics de réalisation propres à de nombreux blockbusters contemporains : des plans serrés lors des scènes d’action les rendant par moment totalement illisibles sous couverts d’être au cœur de l’action et de la booster. On ne coupe pas non plus aux (trop) nombreux ralentis servant à rendre cool certaines scènes et à en iconiser les personnages. Le problème c’est que si John Woo et Sam Peckinpah savaient manier le ralenti, ici c’est loin d’être le cas pour Otto Bathurst. De plus l’ensemble possède un grand air de déjà-vu dans le cinéma d’action actuel.

Le scénario, s’il trouve un écho dans la société actuelle avec la lutte entre les puissants et le peuple sur fond de taxation, ne traite ces thématiques quasiment que sous l’angle de la vengeance de Robin. Ainsi la redistribution de l’argent aux pauvres est dans un premier temps faite pour reconquérir Marianne, l’amour rendant altruiste ! De plus, certains éléments scénaristiques rappellent par moment la version avec Kevin Costner quand d’autres situations font écho à la version de Ridley Scott.

Côté casting, Jamie Foxx est charismatique en Petit Jean dont le personnage n’est pas sans rappeler celui interprété par Morgan Freeman dans "Robin des bois Prince des voleurs". Taron Egerton s’en sort convenablement et Eve Hewson propose une Marianne tout à fait crédible. Toutefois, F. Murray Abraham cabotine trop et Ben Mendelsohn ne marque pas la pellicule de son emprunte en sheriff de Nottingham (le méchant de l’histoire).

Produit ultra formaté qui se permet dans les dernières minutes, grâce au retournement de veste d’un personnage secondaire, de s’offrir la possibilité d’une saga (dont on se serait bien passé) cette version 2018 des aventures du plus célèbre archer hors la loi, s’il possède un casting sympathique (le duo Taron Egerton- Jamie Foxx en tête), souffre de la comparaison avec ses prédécesseurs et n’est qu’un produit cinématographique sans âme qui se place en queue de peloton des adaptations des aventures du hors-la-loi.

Kevin GueydanEnvoyer un message au rédacteur

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