avec ou sans moustache

QUI A ENVIE D’ÊTRE AIMÉ ?

Un film de Anne Giafferi

La possibilité… d’une Bible !

Antoine et Claire forment un couple heureux. A quarante ans, avec deux enfants, une bonne situation professionnelle et un bel appartement parisien, on peut dire qu’ils ont réussi leur vie ! Mais quand Antoine rencontre le professeur de son fils aîné, il est invité à des réunions d’un petit groupe de catholiques, où il ira d’abord par politesse et où il restera par curiosité. Et si le Seigneur avait un message à lui formuler…

Plus réussi que « Odette Toulemonde » d’Eric Emmanuel-Schmidt, moins dans la poésie et la fantaisie, plus dans la comédie et le film social, « Qui a envie d’être aimé ? » est le premier long-métrage d’Anne Giafferi, réalisatrice d’épisodes de la série « Fais pas ci, fais pas ça » diffusée sur France 2. Le scénario raconte l’histoire vécue par son mari, Thierry Bizot, qui en avait tiré un roman « Catholique anonyme ». Ayant été à un cours d’instruction religieuse, ce dernier ne pensait pas faire une réelle découverte et être « touché par Dieu », comme il le dit lui-même.

Alors non, la réalisatrice n’a pas voulu marteler de par son film un discours pro-religieux, n’ayant pas le même parcours que son mari et mettant dans sa vie, comme dans son film, une certaine distance avec la foi et la religion. Rien de manichéen dans « Qui a envie d’être aimé ? », le film renvoie juste aux possibilités de rencontrer la foi, de s’ouvrir un peu au Christ. Pourquoi pas ? En effet. La tolérance, prônée par le film, commence aussi bien chez les croyants que les non-croyants. Le film prône surtout les fondements de la Bible, où comment parler d’un sujet très débattu, sans haine, et de manière décomplexée et ouverte.

« Qui a envie d’être aimé ? » est aussi un très beau film de famille, cadre d'où il tire certainement sa principale force. Il touche beaucoup dans son étude des relations père-fils, complexes puisque Antoine est au cœur d’une remise en question en tant que père (avec son fils aîné) et fils (avec son père). Eric Caravaca bluffe encore son monde dans le rôle torturé mais très intérieur de l’avocat qui ne sait pas plaider hors d’une salle d’audience. L’acteur saisit l’homme fragile dans sa quête de réponse quant au comportement à adopter vis-à-vis de son fils, de son père, mais aussi de son frère et de sa femme. Jean-Luc Bideau, Valérie Bonneton, Benjamin Biolay et Arly Jover (la révélation, que l’on verra dans le prochain David Fincher « The Girl with the dragon tattoo ») sont tous à saluer. Un casting hors pair donc, pour un joli premier film qui nous rappelle combien on a tous envie d’être aimé, mais qui donne surtout envie d’aimer…

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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