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QUEEN

Un film de
Avec

Une émancipation qui sent le déjà-vu

L’affiche pourrait presque nous laisser croire à une success-story sauce tandoori sur une jeune chanteuse rêvant de réaliser son rêve. Sauf que non : "Queen" sera en réalité une fable féministe, centrée sur l’émancipation d’une jeune femme plaquée par son amoureux juste avant leur mariage. Et plus surprenant encore, le programme rappellera à bien des égards le voyage intimiste effectué par Julia Roberts dans "Mange, prie, aime", film assez bancal qui mettait quand même 2h25 pour décrire quelque chose qui tenait pourtant en trois mots dans le titre. En somme, le voyage de Rani sera l’occasion pour cette dernière de s’émanciper vis-à-vis du système patriarcal indien, doublé d’un élixir de bien-être pour tâcher d’oublier un mauvais moment. Pourtant, le feel-good movie promis n’est pas totalement présent sur l’écran.

Bien sûr, comme dans toute production Bollywood, les sourires et les numéros musicaux répondront à l’appel… mais hélas en nombre très réduit. De plus, et sans doute en raison du caractère modeste que représente cette fable, on ne retrouve jamais dans "Queen" l’énergie qui faisait de la plupart des films Bollywood des spectacles explosifs, capables de donner au plus banal des sujets la dimension d’un grand huit sensoriel. En l’état, étirer un tel sujet sur 146 minutes (c’est beaucoup !) permet peut-être de s’attacher suffisamment aux personnages, aux rencontres faites par Rani et aux relations qui s’installent peu à peu, mais cela n’offre aucune vitalité à l’ensemble si des éléments narratifs originaux pointent aux abonnés absents. Il faudra donc se contenter d’une mise en scène soignée, d’une photo très colorée et d’une jeune actrice au capital sympathie non négligeable. C’est peu, mais c’est toujours ça de gagné.

Guillaume GasEnvoyer un message au rédacteur

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