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QUANDO LA NOTTE

Pathos à tous les étages

Marina débarque en bus dans un petit village de montagne, avec son fils, âgé de deux ans et sujet à des difficultés respiratoires. Elle semble alors déranger quelque peu le propriétaire de l'appartement qu'elle loue pour un mois, un guide de montagne peu sociable, vivant lui-même à l'étage en dessous, que les cris de l'enfant en pleine nuit réveillent systématiquement...

La première heure de « Quando la notte » laissait présager d'un drame humain autour des notions de maternité et de maltraitance. Cristina Comencini (« La bête dans le coeur »), à ne pas confondre avec Francesca Comencini, bien plus prolifique ces dernières années (« A casa nostra », « Lo spazio bianco ») y montrait les difficultés d'une mère aimante à élever un enfant malade, mêlant l'usure et la fatigue, à la sensation d'abandon, la figure du mari étant maintenue à distance, au travers de simples coups de téléphones, plus culpabilisateurs que réconfortants. Elle suggérait la maltraitance, en donnant des indices, souvent sonores, jusqu'au tournant du film, moment où l'homme d'en dessous décide de s'en mêler.

Malheureusement, ce qui aurait pu rester une œuvre délicate sur les conséquences des actions d'une mère sur un entourage suspicieux, comme ce fut le cas dans l'angoissant « Por tu culpa », vire au mélo improbable. Car le portrait d'une femme dépassée par les difficultés d'élever un enfant, se double alors d'une romance qui frise souvent le ridicule. Dialogues navrants et appuyés (« pourquoi est-ce que personne ne dit qu'élever un enfant est difficile » s'exclame le personnage principal...), naïveté du propos, personnage masculin caricatural (il a forcément été traumatisé par les femmes...), situations cousues de fil blanc (la re-descente vers la vallée depuis le refuge... sans lentilles de contact ni lunettes...) qui mène forcément à un accident attendu, tout concoure à provoquer les ricanements d'un spectateur pourtant attentif.

« Quando la notte », découvert au Festival de Venise 2011 en compétition, est donc une grosse déception. D'autant que le film se convertit dans ses dernières minutes en un mélo risible, nous offrant, des années plus tard, un rapprochement soudain entre les deux personnages. Le summum est atteint lorsque les deux se croisent au ralenti dans deux télécabines, chacun apercevant l'autre à l'intérieur et posant la main sur la vitre, le tout servi par un ralenti des plus inappropriés. Ces retrouvailles donnent lieu à des scènes d'un romantisme peu crédible, face à face entre un machisme affiché et une soumission soudaine. Une fin qu'on aurait pu certainement nous épargner.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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