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LE PRESSENTIMENT

Curieux portrait d'un homme désabusé

Charles Benesteau, ancien avocat, s'est installé dans un quartier populaire de Paris, au grand damne de ses frères et soeurs. A force de discrétion et de dévouement, il tente d'être un autre homme...

Ne délaissant pas son personnage de garçon brave et peu nerveux, Jean Pierre Darroussin s'est lui même attribué le premier rôle de son premier film en tant que metteur en scène. Adapté d'un roman d'Emmanuel Bove datant de 1935, "Le pressentiment" est une sorte de conte réaliste sur l'isolement volontaire d'un quarantenaire tentant d'envisager la vie sous un autre angle après ce qui semble à tous les autres être une dépression. Mais il s'agit plus d'un homme qui évolue en dehors du monde, tel un spectateur involontaire des agissements de son entourage.

Les dialogues sont assez savoureux, surtout dans les scènes avec ses frères et soeurs, odieux, comme la plupart des personnages secondaires, qui font preuve d'une inadaptation au dialogue assez flagrante. Le personnage principal lui, commente certaines situations ou manières d'agir en voix-off, ajoutant au charme de son comportement d'homme usé et lunaire. Il évolue avec pénibilité dans un monde agressif qui ne cherche nullement à le comprendre. Jouant sur le décalage, Darroussin provoque de fréquents rictus tout comme une certaine inquiétude liée à l'étrangeté de son comportement. Une curiosité désenchantée, à découvrir.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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