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PREMIÈRES VACANCES

Un film de Patrick Cassir

Un regard bienveillant sur les préjugés et les habitudes de chacun, pour une belle comédie

Ben et Marion, après un premier rendez-vous sur Tinder, décident de partir ensemble à mi-chemin de leurs vacances respectives. Il devait partir à Biarritz avec sa famille et elle s’apprêtait à partir à Beyrouth avec ses amis. Ils se mettent donc d’accord ensemble pour la Bulgarie. Une fois sur place, se découvrant l’un l’autre, ils vont tenter de faire vivre cette histoire naissante...

Le postulat de "Premières Vacances" est très simple : les premières vacances d’un couple sont toujours un enfer ou tout au moins un moment risqué. Pour la première fois confronté à l’autre pendant vingt-quatre heures consécutives, la découverte des habitudes est en effet souvent ardue. Il s’agit ici d’un thème assez peu évoqué au cinéma. Car bien que cet art regorge de films de vacances entre amis ou en famille, au cours desquelles se forment parfois des couples, les vacances d’un couple, et qui plus est les premières, sont assez rarement traitées. Il s’agit également d’une comédie romantique, ce qui commence à se faire rare dans le cinéma français.

Le film présente de vraies qualités, comme son ton et la caractérisation des personnages. Le ton donne dans l’auto dérision, le spectateur rit avec les personnages, d’eux-mêmes ou des uns par rapport aux autres. Il ne s’agit jamais de juger, car l’ambiance reste toujours très bon enfant, bien que le film, par certains aspects, peut être vu comme une sommaire réflexion politique sur le statut des Français en vacances et les différents types de vacances pratiqués dans des pays tels que la Bulgarie.

Au ton vient s’ajouter une très bonne caractérisation des personnages, portés par un couple d’acteurs comiques très justes. Marion et Ben constituent de nouveaux stéréotypes. Ils ne reprennent pas exactement les clichés des Parisiens. Elle est une artiste, qui veut être roots, mais dont le parisianisme et la "bobo-itude" sautent aux yeux du spectateur attentif aux détails. Il en va de même pour lui, ancien élève d’école de commerce qui croit à un certain nombre de valeurs traditionnelles et qui reste habité d’un profond romantisme, malgré son attrait pour le luxe et le clinquant. Pour l’un comme pour l’autre, leurs sacs de voyage parlent d’eux-mêmes.

Le film est plein de trouvailles comiques. Sa part autobiographique renforce l’identification, qui promet de belles tranches de rires spontanées et oh! combien rafraîchissantes. Tout le monde en prend pour son grade, sans acharnement, grâce à un regard bienveillant sur les préjugés et les habitudes de chacun, mis au grand jour au travers de vacances. Un régal.

Thomas ChapelleEnvoyer un message au rédacteur

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