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POMPÉI

Un film de Paul W.S. Anderson

Paul W.S. Anderson a clairement offensé les dieux !

En l’an 79, Milo, esclave d’un puissant marchand, se retrouve contraint de risquer sa vie comme gladiateur au sein des arènes de Pompéi pour espérer un jour racheter sa liberté. Au même moment, la terre se met à trembler et le mont Vésuve fait alors s’élever d’immenses fumées noires dans le ciel. La catastrophe se prépare à s’abattre sur la ville…

Ah ben tiens, pourquoi n’y ont-ils pas pensé plus tôt à Hollywood ? Cette manie de toujours vouloir tout faire péter à l’écran n’a décidément plus de secret pour nous, mais bizarrement, même après avoir détruit la planète entière sous couvert d’une légende maya à deux sesterces (Roland, si tu nous écoutes…), les studios en avaient oublié de s’attaquer à la catastrophe naturelle de Pompéi en l’an 79. On en connait un qui aurait certainement adoré filmer ça au lieu de s’attarder sur des robots déglingués qui font des blagues de cul (Michael, si tu nous écoutes…), mais non, c’est finalement ce grand cinglé de Paul W.S. Anderson qui s’est réapproprié l’idée pour un résultat amplement conforme à tout que l’on redoutait. Ben quoi, vous pensiez que le tâcheron de "Soldier" et "Resident Evil" avait décidé d’investir le péplum pour lui redonner ses lettres de noblesse, surtout après avoir transformé l’œuvre d’Alexandre Dumas en portnawak matrixien sans queue ni tête ? Vous êtes mignons…

Notons quand même un petit détail : pour savourer sur grand écran et en 3D les dégâts XXL de l’éruption du Vésuve (c’est assez impressionnant à voir, on l’avoue), il faudra patienter pendant une bonne heure bien lourdingue, où les enjeux d’une sitcom historique KD2A s’enchaînent à la queue leu-leu : pour résumer, un jeune esclave veut venger ses parents en éliminant leur meurtrier (un sénateur ultra-salaud incarné de façon outrancière par Kiefer Sutherland) et, si possible, en se tapant au passage la jolie princesse romaine qui lui fait des yeux doux depuis qu’elle l’a vu abréger les souffrances d’un cheval blessé. Et pendant que l’esclave finit gladiateur dans les arènes, pas mal de Romains en toge discutent sur les travaux à faire pour embellir Pompéi (oui, je sais, c’est passionnant). Jusqu’au moment où le volcan juste à côté éjacule sa lave et sa pluie de cendres, anéantissant toute la ville et menaçant toute la population…

Prévisible à mort, le scénario de "Pompéi" se révèle surtout incroyablement mal écrit, allant jusqu’à répéter le même enjeu plusieurs fois de suite (dans leur cellule, Kit Harington et Adewale Akinnuoye-Agbaje n’arrêtent pas de se dire que l’un va tuer l’autre le lendemain, et vice versa…) ou à révéler une absence totale de thématique. Tout ce qu’il y a à retenir là-dedans, c’est qu’un type baraqué doit sauver une fille qui le tient en estime et tenter de s’enfuir au risque de se transformer en statue de cendres. Voilà… De la part d’Anderson, tâcheron certes pas manchot sur le plan technique mais très mauvais sur l’écriture et le découpage, on n’en attendait pas moins, de même que son incompétence à aborder le péplum le pousse inévitablement à déséquilibrer le rythme au profit d’un actionner aussi digeste qu’une pizza réchauffée. Mais vu le sacrilège totalement vain qu’il vient de causer aux dieux de l’empire romain, nul doute que ces derniers risquent fort de mal le prendre et que l’on peut craindre de futures représailles. Il n’y aurait pas un volcan à côté d’Hollywood, par hasard ?

Guillaume GasEnvoyer un message au rédacteur

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