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POLICHINELLE ET LES CONTES MERVEILLEUX

Avec les voix de

Un charme suranné

Quatre courts métrages d’animation autour de rois, princesses, magiciens, et du feignant Polichinelle…

Ce recueil de courts métrages d'animation italiens signés de l'illustrateur Emanuele Luzzati fait naturellement preuve d'une grande cohérence. D'abord du côté graphisme bien entendu, avec un rendu simple réalisé aux traits de fusain pour les personnages, en pastels et touches de peinture pour les décors, alors que l'animation est partiellement rendue par articulations. Ensuite du point de vue narratif, avec une voix-off masculine prédominante et parfois quelques grommellements des figurines, l'action étant soulignée par divers instruments de musique tels la flûte traversière, le saxophone ou la guitare.

Du côté récit, les contes sont assez charmants et propres à émerveiller les plus petits, car faisant tous appels, sous une forme ou une autre, à la magie. "Les trois frères" raconte ainsi la quête de 3 hommes aux nez et maisons de couleurs différentes, cherchant le plus beau cadeau afin de pouvoir épouser la princesse de leurs rêves. Une histoire de longue vue, de tapis volant et de trompette magique. "Le ballon d'or" explore la possible perte d'une deuxième enfant par un roi dont le peuple sera touché par un sortilège se pétrification. Plus onirique que les autres, on peut y repérer un très beau passage sur fond noir, où le sol et des objets se dessinent au fil du mouvement de l'héroïne. Il y a de la Linea dans l'air, l'humour en moins.

Troisième segment, "Polichinelle et le poisson magique" joue sur la répétition et l'accélération du rythme, avec une histoire de cupidité et de voeux exaucés jusqu'à l'overdose. Enfin "L'oiseau de feu" relate la tentative de vengeance d'un sorcier convoitant une femme magicienne, et usant d'un oiseau pour voler les pommes d'or du roi, ceci afin d'attirer son fils et l'obliger à l'aider dans son plan machiavélique. Un peu plus complexe, ce film n'en est pas graphiquement le plus abouti des quatre. Un recueil cohérent donc, fait de contes passionnants, et à l'aspect aussi légèrement suranné que charmant.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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