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POINT BREAK

Un film de Ericson Core

Après le remake, voici le remake du remake !

Une équipe de criminels, spécialisée en sports extrêmes comme en déguisements, ne cesse d’effectuer de nombreux braquages en opérant aux quatre coins du monde. Pour les arrêter, Johnny Utah, une ancienne légende du moto-cross devenu agent du FBI, est chargé d’infiltrer cette équipe. Mais à force de trop se rapprocher d’eux, il va se rapprocher dangereusement de la ligne rouge…

Le fait d’être cinéphile aide très souvent à faire la part des choses concernant certains films lors de leur sortie en salle. Dans le cas de celui-là, on a droit à une situation des plus ubuesques. Au vu d’une affiche qui vante ce film comme étant « la relève de "Fast & Furious" », on ne peut pourtant oublier à quel point le nanar motorisé de Rob Cohen était déjà en soi un remake inavoué du premier "Point Break", réalisé par Kathryn Bigelow en 1991. Soit un univers de polar musclé et viril, où un flic tête brûlée infiltre un groupe de braqueurs suicidaires (des spécialistes de sports extrêmes chez Bigelow, des fans de courses de tuning chez Cohen). Et aujourd’hui, voilà qu’un remake de "Point Break" réussit, en plus de nous prouver sa totale obsolescence, à nous donner l’impression de trop ressembler à "Fast & Furious". Faut-il y voir en quelque sorte une manière de « boucler la boucle » ? À vrai dire, ce que l’on peut tirer de tout ça, c’est que le film de Bigelow n’avait pas besoin d’un duplicata.

Il faut dire qu’ici, la dimension philosophique et casse-cou du sport extrême – surtout le surf – qui faisait tout le sel du premier "Point Break" a laissé la place à une suite consternante de clichés branchouilles à la sauce MTV (les fiestas alcoolisées sur des yachts, on n’en peut plus !) et de cascades spectaculaires qui n’atteignent jamais le même degré d’intensité. Précisons, d’ailleurs, que la scène d’ouverture nous offre la cascade la plus idiote de l’année, poussant un motard à sauter au-dessus du vide avec sa bécane pour atteindre le sommet d’un petit roc isolé (question : comment va-t-il refaire le chemin inverse ?!?). Les images léchées du chef opérateur Ericson Core (ici réalisateur de la chose) ont beau avoir une jolie gueule, ça ne passe pas du tout, qui plus est en l’absence d’un second degré salvateur qui aurait pu aider à faire passer la pilule. Même les acteurs n’ont aucun charisme, y compris un très mauvais Edgar Ramirez ("Carlos") qui n’arrive jamais à nous faire oublier Patrick Swayze. Quant au magnifique final suicidaire du film original, son montage et sa mise en scène en font une scène sans relief… Allez, on oublie…

Guillaume GasEnvoyer un message au rédacteur

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