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PETIT BEBE JESUS DE FLANDRE

Comme les rois mages à la Quinzaine

Perdus dans la vallée des Flandres, trois amis survivent. Le premier erre et mendie, le second vie dans un taudis et le troisième élève des chèvres… Une année, au soir de Noël, ils décident de célébrer la naissance de Jésus en chantant des cantiques. Cela leur rapporte un peu d’argent, ce qui les incite à renouveler cette quête l’année suivante…

Étrange conte de Noël que ce premier film du réalisateur belge Gust Van den Berghe. Il est comme un OVNI dans le paysage cinématographique et a, pour cette raison, amplement mérité sa place dans la sélection de la Quinzaine des réalisateurs de Cannes 2010. Maintenant comment juger cette œuvre tout à fait inclassable ?

Dans les bons points, louons le premier tiers du film, réellement emballant. Les dialogues sont savoureux, drôles et ironiques. Les personnages ont une vraie sincérité et arrivent à nous faire croire à leur réalité contemporaine quand l’histoire, de son côté, serait plutôt sur le ton de la fable, voire de l’allégorie. En plus, les acteurs qui interprètent ces trois amis sont d’incroyables comédiens atteints de trisomie. Cela apporte une touche d’humanité très forte. Le sujet du film est, pour sa part, très intéressant quand il illustre l’Histoire de la Religion qui, même traitée de manière symbolique ne rend jamais le propos lourd.

Malheureusement, une fois le premier acte terminé, le film enchaîne sur deux autres chapitres plus laborieux, moins incisifs, trop énigmatiques et moins bien dialogués où, qui plus est, le récit traîne en longueur alors que le film ne dure que 1 h 15. Dommage, car il y avait là une belle idée de départ et plusieurs risques fortement maîtrisés.

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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