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LE PERE DE GIOVANNA

Un film de Pupi Avati

Un drame poussif porté par Silvio Orlando

En 1938, un père, professeur, passe son temps à sur-protéger sa fille complexée et boutonneuse. Il la couvre de conseils envahissants. Ami d'un policier haut placé, il est habitué à pouvoir entrer partout et à bénéficier de réductions, chez le tailleur par exemple. Jusqu'au jour où une camarade de sa fille est découverte assassinée...

« Il papa de Giovanna » est signé Pupi Avati, auteur italien reconnu de « Bix » ou « Magnificat », s'illustrant plus rarement depuis le début des années 2000, avec par exemple « Le coeur ailleurs ». Histoire d'un homme qui ne cessera jamais de croire en sa fille, obsessionnelle, que l'on devine rapidement auteur de l'atroce assassinat qui a lieu dans son lycée. La mise en scène de ce récit, plongé dans les années 30, son fond d'un fascisme montré pour une fois comme quotidien et incontesté, reste malheureusement assez molle, loin de toute modernité, et sur la fin plutôt expéditive dans certaines scènes. Abusant des contre-plongées, notamment lors de l'enquête ou du procès, Avati s'offre des enchaînements rapides et hasardeux, ainsi que des scènes inutiles comme un accouchement sous les bombardements.

Heureusement, le joli double portrait, plutôt bien servi par les deux interprètes principaux ( Silvio Orlando, prix d'interprétation à Venise et Alba Rohrwacher, vue dans « Une romance italienne » ) touche par la naïveté exacerbée du père et la rigidité nerveuse de la fille, sans pour autant nous faire adhérer à ce lien indéfectible. L'émotion, du coup, serait plus à rechercher du côté de la mère, hésitante dans son affection, qui choisit rapidement la fuite, face à une union bien plus forte que celle de son couple, et un contexte politique impossible.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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