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PAT ET MAT DÉMÉNAGENT

Un film de Marek Beneš
Avec les voix de

Inégal malgré le réjouissant "La tondeuse"

De nouvelles aventures de Pat et Mat, bricoleurs inventifs, installés dans deux nouvelles maisons accolées par leurs garages respectifs, lieux fourre-tout d’où sortent la plupart de leurs inventions. 5 histoires mêlant ennuyeuses abeilles, cheminée bouchée, manège artisanal, tondeuse, et une bien gênante taupe…

Après un premier recueil en 2014 ("Pat et Mat"), un second en 2016 ("Les nouvelles aventures de Pat et Mat"), voici que les deux maladroits, jamais à court d’idées, petits personnages tchèques filmés en stop-motion par Marek Beneš, reviennent sur grand écran pour ces vacances de Pâques avec 5 nouvelles errances keatoniennes. A la réussite incontestable des deux premiers ensembles, ce nouveau recueil de 5 courts métrages d’animation déçoit globalement, malgré un petit bijou d’absurdité, le très drôle "La tondeuse".

Les deux premiers courts s’avèrent véritablement les moins intéressants, jouant légèrement trop sur de faciles catastrophes et une propension des personnages à tout détruire par leur maladresse, les solutions qu’ils trouvent à leurs problèmes étant clairement tirées par les cheveux. Il en va ainsi de "Le miel et les abeilles", dans lequel les deux amis prennent le petit déjeuner dehors, le miel attirant un bien dérageant essaim d’abeilles. L’utilisation d’un sac et d’une épuisette laisse perplexe, mais le film bénéficie heureusement d’une amusante évocation du mariage grâce à une moustiquaire. Le second court métrage, "Drone de cheminée" démarrait quant à lui avec une bonne idée (toutes les manières de déboucher une cheminée), mais se termine sur les conséquences malheureuses et répétitives de l’utilisation d’un drone pour ramoner celle-ci.

Le suivant, "Tournez-manège" et le dernier, "La petite taupe", sont plutôt plaisants et devraient enchanter les plus petits. Le montage d’un manège amuse de par son absurde complexité, qui ne rime jamais avec efficacité, chaque nouvel effort menant à une catastrophe assurée. Tandis que les solutions visant à déloger une vilaine taupe détruisant le manège vont délicieusement crescendo dans le radical, jusqu’à mener à un bétonnage généralisé qui n’aura peut-être même pas la peau d’une bestiole bien plus flegmatique que nos deux héros.

Heureusement, le quatrième court, "La tondeuse" permet de retrouver à la fois le rythme, la drôlerie, l’absurdité sans bornes et l’inventivité du programme. Alimentée par des panneaux solaires, la machine s’arrête naturellement de fonctionner dès qu’elle passe près d’un arbre ou d’un buisson. Et Pat comme Mat n’auront de cesse que de trouver des solutions plus ou moins radicales pour lui permettre de redémarrer (tondre un buisson, la suivre avec une lampe de poche…) faisant preuve d’une réjouissante bêtise autant que d’une imagination débordante. On se régale.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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