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PAR AMOUR

Dénoncer les nuisibles

Anna vit à Naples avec ses trois enfants devenus grands. Au fil des années, ses devoirs familiaux ont pris le pas sur tout le reste. Alors quand on lui propose un travail sur un tournage, ce sont des espoirs de liberté, mais aussi d'amour qui renaissent, dans un contexte local difficile...

Le quatrième film italien de la compétition de la 72e Mostra du cinéma aura finalement valu à Valeria Golino un prix d'interprétation féminine 2015 plutôt mérité. Sorte d'expérience sensorielle, « Par amour » inverse les codes habituels et filme en noir et blanc le quotidien (dominé par la peur) de son héroïne, alors que les les flash-backs sont en couleurs. Avec un savant usage du gros plan, Giuseppe M. Gaudino nous invite à expérimenter les angoisses de son héroïne (lumineuse Valeria Golino), femme ayant récemment retrouvé du travail sur un tournage pour la télévision, dont le fils est (sourd) et la fille s'éloignent progressivement.

Certains seront peut-être réfractaires aux nombreux effets (la mer bleue progressivement recouverte de nuages annonciateurs d'une tempête), pourtant parfois fort bien trouvés (les trois têtes hurlant dans un moment de colère, un corps qui s'affaisse plusieurs fois à l'intérieur de vêtements fixes pour une blessure intérieure...), mais il est indéniable que le film arrive ainsi à faire passer de nombreuses émotions. Au final, « Par amour » est un film étrange, au vrai message concernant la nécessité de dénoncer les nuisibles.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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