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L'ORNITHOLOGUE

Un véritable voyage

Alors qu'il observe les oiseaux dans des gorges au nord du Portugal, un ornithologue est victime d'un accident de kayak. Ayant perdu une bonne partie de ses affaires, il tente de retrouver son chemin et croise deux étranges asiatiques, égarées du sentier de Saint-Jacques-de-Compostelle...

João Pedro Rodrigues (O Fantasma, Mourir comme un homme) ouvre son film à la manière d'un documentaire, suivant son personnage principal au cœur de gorges sauvages, où celui-ci se laisse aller à son propre rythme, loin de la civilisation. Ouvrant ainsi une porte sur un monde à part, un peu hors du temps, où les oiseaux jouent un rôle central (et dont le héros adopte ponctuellement le point de vue aérien), le réalisateur évoque à demi-mots la maladie, suggérée par les appels inquiets d'un partenaire et la nécessité d'une prise de médicaments, avant de laisser son personnage aux prises avec ses démons.

Sorte de parcours initiatique, en forme de road-movie forestier où le personnage central fait des rencontres pour le moins étranges (les deux chinoises, pieuses et bien décidées à le convertir, le berger, les hommes déguisés avec leurs étranges rituels...), "L'Ornithologue" s'inspire de la vie de Saint-Antoine-de-Padoue, dont le prénom original (Fernando) est d'ailleurs donné au personnage qu'interprète un Paul Hamy très physique (récemment vu dans "Suzanne" ou bien "Maryland"). Cette figure, connue de tout Portugais, croyant ou non, a lui aussi été victime d'un naufrage (au sud de l'Italie), d'où découla également un périple, ce qui donna au réalisateur l’idée de départ de son film.

Récompensé du prix de la mise en scène au Festival de Locarno 2016, le film revêt des aspects tantôt contemplatifs, oniriques ou mystiques, invitant autant à un voyage intérieur qu'au dépaysement. En établissant un parallèle, parfois blasphématoire (l'étreinte amoureuse avec Jesus), avec la vie du Saint, le scénario déploie une fascinante étrangeté, laissant à chaque spectateur le soin d'interpréter les visions et dangers qui parsèment le récit. Au final, le film sonne comme une réconciliation avec la vie, un parcours de survie qui appelle une certaine forme d'amour.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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