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NO MAN'S LAND

À la croisée de "Mad Max" et des westerns de Sergio Leone

Après avoir défendu un trafiquant de faucons dans un accident qui coûta la vie à un policier, un jeune et brillant avocat se retrouve à traverser le désert avec la voiture que ce dernier lui a offerte en récompense de ses services. Un voyage en milieu hostile, dont il ne ressortira indemne...

Des trois films chinois en compétition au Festival de Berlin 2014, l'Ours d'or "Black Coal" n'aura pas été le seul à se distinguer. Thriller barré à la croisée de "Mad Max" et d'un western de Sergio Leone, auxquels il empreinte respectivement non seulement les véhicules et armes improbables (ah, le revolver aux quatre canons ! Efficacité garantie !), les grandes étendues désertiques, mais aussi les envolées musicales, "No Man's Land" surprend par sa facture moderne et son scénario bien torturé.

Car sur la base d'un pitch plutôt simple, c'est à une véritable course poursuite, l'avocat cherchant à assurer sa survie, que l'on va assister. Conducteurs de camions sadiques (encore une référence au "Duel" de Spielberg), cadavre sur les bras (et souvent dans le coffre), pompiste spécialisé en extorsion (le spectacle vaut son pesant d'or), strip-teaseuse prisonnière (qui ne demande qu'à s'enfuir), poursuivants armés jusqu'aux dents, les personnages hauts en couleurs ne manquent pas, et l'on se délecte des mauvaises rencontres que fait le personnage principal, coincé dans sa condition d'homme sensé suivre les règles (face à une multitude d'autres, qui n'en suivent aucune).

Le scénario, certes fait de bric et de broc, aligne joyeusement les scènes de destruction, incendie, poignardages en tous genres, tout en affichant un humour réjouissant et en assumant l'absurdité de certaines scènes (le GPS sur le cheval, le caractère potentiellement indestructible des personnages croisés...). Et hormis la scène incongrue de la salle de danse, on appréciera les nombreuses surprises qu'il réserve, et son esprit délicieusement sadique ou sa fausse morale (quelques répliques valent le coup, comme celle sur la différence entre l'homme et l'animal). En bref, on en redemande.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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