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NINA WU

Un film de Midi Z

La rude place de la femme dans le cinéma

Nina Wu, installée à TaiPei passe une audition pour un rôle dans un film intitulé « espion passion ». Elle doit en passer par une scène de nu. Mais ce ne sera que la première des épreuves…

Nina Wu film image

"Nina Wu" est un film construit à la manière d’un cauchemar, avec son lot de cadrages stricts ou étranges, de scènes surréalistes, mais aussi un mélange progressif de la réalité et des rêves d’une actrice malmenée. Puisant quelques inspirations dans l’Affaire Weinstein, le scénario, écrit par l’actrice principale, Wu Ke-Xi, permet de montrer la vision de la femme portée par une industrie du cinéma (et plus généralement toute une société) dominée par l’homme, et tout ce que doit supporter une femme, non seulement pour des décrocher un rôle, mais parfois aussi au travers de rôles dégradants ou d’interviews orientées. Il dépeint ainsi un milieu impitoyable, mêlant ambition et arrangements moraux, pression machiste et abandon de l’amour propre.

Proposant quelques scènes volontairement à la limite du supportable (répétition de postures sexuelles avec deux hommes, mise en concurrence avec d’autres actrices en devant « faire le chien »...), afin sans doute de faire changer la gêne de côté, le film sollicite en réalité le spectateur en permanence, celui-ci passant d’observateur passif à témoin de comportements inadmissibles. Wu Ke-Xi, qui interprète le rôle principal, se transforme sous nos yeux au fil du film, révélant exaspération, frustration mais aussi une capacité de survie hors du commun.

Quant à la mise en scène de Midi Z, elle mêle teinte rouge omniprésente dans les décors, les robes, les éclairages... comme symbole sans doute de danger ou de sulfureux, s’inspire des peintures d'Edward Hopper, comme de films contemporains, tels ceux de Yorgos Lanthimos ou Nicolas Winding Refn, pour créer ses ambiances, et va jusqu’à utiliser une musique proche d’un rythme cardiaque, dans l’un des passages clés. Il élabore ainsi un film d’ambiance qui met certes mal à l’aise, mais mérite le détour.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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