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NERDLAND

Un film de Chris Prynoski

Tout pour la réussite

Lorsque des nerds, Elliot et John, scénariste et acteur en herbe, décident de devenir célèbres ou de s'attaquer à deux filles inaccessibles, ceux-ci ne sont pas au bout de leurs peines...

"Nerdland", découvert en séance de minuit au Festival d'Annecy 2016, est un délire ultra-référencé, cradingue, qui trouve son humour dans la description pathétique des rituels rassurants qui font le quotidien deux losers de classe internationale, et s'attaque en sous-main à la fascination actuelle pour la célébrité facile. Critiquant au passage la télévision et les recettes abrutissantes, le scénario regorge de trouvailles, telles que la chaîne internet « LOLWTF Tube », la BD « Robot Wizard » mélangeant allègrement les genres à la mode, ou un nouveau (et horrible) logo Hollywood, suggérant souvent plus ce qui choque que le montrant réellement.

Axé sur le désir de réussite et la célébrité à tout prix, le récit laisse place aux nombreuses dont sont victimes les deux personnages principaux, tentant de se faire une place dans le monde. Et les délires sont nombreux, autour d'objets symboliques de la société de consommation, tels qu'une poupée gonflable, des vidéos pornos effacées par hasard, des boissons à volonté... Au delà du sujet, le film doit beaucoup à ses décors, le réalisme des lieux passant par les détails qui tuent, dont ceux qui caractérisent l'appartement cradingue des deux anti-héros (une chaussette qui pend, un slip sale accroché au ventilateur...). En sortant, on aura au moins appris une chose : qu'un « loser est pardonnable s'il a moins de 30 ans » (sic).

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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