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MY FAVORITE WAR

Avec les voix de

Liberté, c’est tout

La réalisatrice Ilze Burkovska Jacobsen raconte ici sa propre histoire. Celle d’un individu ayant grandi en Lettonie au cours de la Guerre froide, désireux d’échapper à un régime autoritaire et puissant qui a voulu le priver de liberté individuelle et lui imposer son conditionnement…

My Favorite War film animation

Au sein d’une sélection Contrechamp qui offrait beaucoup à picorer, "My Favorite War" (qui en a remporté le Prix) faisait office de semi-satisfaction. Parce que sa dimension autobiographique le rendait imparable dans son propos, mais aussi parce que la volonté de sa réalisatrice Ilze Burkovska Jacobsen à se caler dans les pantoufles du mélodrame mémoriel le privait d’entrée de toute possibilité d’audace. À l’image de tous ces films d’animation récents qui persistent à faire primer l’impact du témoignage sur l’utilité réelle du support animé (ce qui les place ainsi à l’opposé d’un "Persepolis" ou d’un "Valse avec Bachir", par exemple), le résultat mise toutes ses billes sur sa voix-off et se contente d’épicer sa reconstitution par des images live contemporaines (en particulier des archives sur la dernière partie). Amateurs d’un cinéma avant tout professoral et didactique, soyez les bienvenus. Les autres…

Signalons en outre que l’animation, au-delà de son utilité fort discutable, est loin de se montrer aussi aboutie qu’on l’aurait souhaité. Avec un graphisme simplet qui tend à bloquer l’émotion qu’un visage ou un regard serait capable de propager, on ne peut pas dire qu’on gagne au change. Ce qui nourrit la fascination de la réalisatrice se résume ici à des symboles forts que la caméra sait capturer et mettre en valeur : la découverte d’un squelette dans un bac à sable, l’océan comme porte ouverte sur le monde extérieur, la mécanique propagandiste qui fige les jeunes esprits, etc. Des images qui se suffisaient presque à elles-mêmes, et que la voix-off finit même par affaiblir à force de souligner une intention qui se devait d’être exclusivement servie par les images. Un peu comme si le film cherchait à tout prix à conditionner son propre sujet. Pour un éloge du libre arbitre contre le conditionnement, il y a de quoi se montrer dubitatif.

Guillaume GasEnvoyer un message au rédacteur

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