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MONSIEUR PAPA

Un film de Kad Merad

Sensible, mais jonché de maladresses

Marius a douze ans et rêve de connaître son père, que sa mère lui a décrit comme un fougueux aventurier. Femme d’affaire entreprenante qui ne sait comment se sortir d'un mensonge qu’elle a elle-même élaboré, celle-ci tente de convaincre Monsieur Pique, homme au chômage qui repasse les affaires de ses voisins du quartier chinois de Paris, de se faire passer pour le papa de son petit garçon, histoire de le décevoir et d’en finir avec cette lubie d’enfant. Mais la rencontre entre l’homme à tout faire et Marius ne va pas prendre le chemin attendu...

Malgré leur homonymie, « Monsieur Papa », la première réalisation de Kad Merad, n’a absolument rien à voir avec le film de 1977 avec Claude Brasseur, ni avec le roman de Patrick Cauvin dont ce dernier était l’adaptation. Avec sa femme, Emmanuelle Cosso-Merad, aux télécommandes des dialogues, l’acteur séduit à moitié avec un film « bâtard », qui, d’un coté émeut sans peine grâce à la tendresse et la sincérité qui en émane, et de l’autre agace par certaines maladresses flagrantes, dont ce mal à poser son sujet qui entraîne une lassitude face à une introduction trop longue. Non dénué de bons sentiments, « Monsieur papa » étonne cependant par sa petite musique, certes fragile, mais à mille coudées des grosses comédies pataudes qui inondent les écrans.

À l’image de son jeune interprète de douze ans, Gaspard Meier-Chaurand, dont c’est le premier rôle et qui se révèle sidérant de naturel, « Monsieur Papa » préfère jouer la carte de l’univers réaliste que celui de la fable. On lui en sait gré, d’autant que l’univers du comédien était davantage connu pour ses frasques délirante et absurdes (« Mais qui a tué Pamela Rose ? », « Un ticket pour l’espace ») que pour son élégance et sa légèreté. Surprise donc, avec ce métrage plein de sensibilité (certains diront sensiblerie), mais demie-déception car une fois passé le stade de la découverte, Kad Merad ne nous propose pas grand-chose, sinon un récit dont il est facile de deviner la fin.

Coté casting, Michèle Laroque est plutôt convaincante, en mère un peu paumée qui va se mettre à inventer l’inimaginable pour faire plaisir à son gamin. Kad Merad n’étonne plus en monsieur-tout-le-monde, plein de gentillesse et de bonté (ceci dit, il fait ça très bien), et Vincent Perez hérite d’un rôle complètement sacrifié, qui ne fait pas avancer l’intrigue d’une semelle. Par contre, en bon fana de musique, le nouveau metteur en scène assure, en confiant la musique de son film à l’excellent Daran, du feu groupe « Daran et les Chaises ». Malgré ses défauts, peut-être inhérents à une première œuvre, « Monsieur Papa » possède bien des atouts pour séduire le grand public... mais beaucoup moins pour satisfaire les cinéphiles.

Christophe HachezEnvoyer un message au rédacteur

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