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MON NOM EST CLITORIS

Avec

Une inquiétante ignorance

Le clitoris, le seul organe entièrement dédié au plaisir, est le grand oublié des livres d’anatomie, mais aussi de l’éducation et des pratiques, même contemporaines. Partant à la rencontre de jeunes femmes, Daphné Leblond et Lisa Billuart Monet, veulent rendre compte de la réalité sociale entourant le plaisir féminin, plaisir encore chargé de stéréotypes et de préjugés…

Mon nom est clitoris film documentaire image

Disponible à partir du 17 juin 2020 sur le site La Vingt-Cinquième Heure

Dans un passage animé, les deux réalisatrices dessinent le clitoris sur les planches d’anatomie représentant le sexe féminin, car oui, il a été oublié, il ne figure même pas dans les légendes. Comme si l’existence même de cet organe était niée. Elles poursuivent cette quête de la représentation en demandant aux jeunes femmes qu’elles interrogent de dessiner le clitoris, et très peu y parviennent. Très peu connaissent l’anatomie de ce qu’elles ont au creux de leurs cuisses. L’une d’elle est d’ailleurs très surprise, grand moment de documentaire, quand elle apprend que le clitoris fait en moyenne 11 centimètres, l’équivalent d’un petit pénis.

Mais ces considérations anatomiques, bien qu’essentielles, ne sont que la pointe de l’iceberg, car la négation de cet organe révèle celle, bien plus choquante, du plaisir féminin. Un plaisir qui encore aujourd’hui n’est ni enseigné, ni expliqué. Un plaisir qui reste encore cet « étrange objet du désir », phallocentré, intimement lié à la pénétration alors qu’elle n’a rien, ni de nécessaire, ni d’obligatoire. Un plaisir encore chargé d’inconnu, de mythe et de préconceptions, alors qu’il n’en est rien.

Troublantes de vérité et de sincérité, ces jeunes filles parlent sans voile et sans retenue de leur éducation à la sexualité, de l’investissement de leur corps et de leur plaisir, qu’elles ont dû faire elles-mêmes, la plupart du temps sans pouvoir en parler à personne tant le sujet est encore tabou. Pas même entre elles. Sans animosité ou colère, elles parlent de leur histoire, non pas pour se plaindre, mais pour témoigner de ce qu’elles ont vécu. Elles sont toutes jeunes et éduquées. L’idée de ce documentaire est de montrer que cette réalité, cette précarité, n’est pas lointaine, mais proche, quotidienne, globale. C’est avec le sourire et de la bienveillance qu’elles appellent à ce que les choses changent. En témoigne une dernière séquence de tags, pacifiques et colorés : les représentations doivent changer !

Thomas ChapelleEnvoyer un message au rédacteur

BANDE ANNONCE

Mon nom est clitoris – Bande annonce from La Vingt-Cinquième Heure on Vimeo.

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