Parce qu'on en a jamais assez !

MON NINJA ET MOI

Torture Ninja

Fabriquée par un jeune ouvrier thaïlandais qui meurt au travail par la faute d’un cruel exploiteur, une poupée ninja acquiert une vie et une autonomie. Un homme offre la poupée à son jeune neveu Alex, et pour ce dernier, le quotidien se retrouve bousculé : non seulement ce petit ninja à carreaux va l’aider à se venger de la terreur de l’école, mais il a aussi une toute autre vengeance en tête, à laquelle Alex va devoir se plier, bien malgré lui…

Mon Ninja et moi film animation image

Petite curiosité rigolote de la compétition du dernier festival d’Annecy, "Mon Ninja et moi" avait à peu près tout ce qu’il fallait pour hériter de l’étiquette d’ersatz pixarien en provenance de la patrie de Lars Von Trier. C’était sans compter sur son mélange assez inattendu et jubilatoire d’humour et de noirceur, qui finit par rendre cette petite poupée à carreaux aussi coriace qu’un Gremlins karatéka. Avec un sens du rythme effréné, les deux réalisateurs danois se coulent davantage dans une coming of age story dans l’esprit des productions Amblin dont la force provient autant des enjeux humains relatifs aux affres de l’adolescence, que de la légère touche de cruauté qui finit vite par chambouler un quotidien trop propre. Le petit plus, c’est qu’ils ont quand même forcé la dose sur ce dernier point : ça commence par une usine thaïlandaise où des enfants sont exploités et frappés à coups de bâton pour fabriquer des poupées, ça se poursuit par un beau-père débile amateur de porno et un oncle saoul aux mains baladeuses, ça continue fort avec un enfant catapulté dans une sous-intrigue à base de cocaïne, et on ne parle même pas de l’état de vengeance meurtrière que cette poupée survoltée essaie d’inculquer à son jeune maître.

La seule vraie (et grosse) erreur du film est à situer là : plutôt que d’assumer leur délire trash avec un premier degré volontairement à côté de la plaque, les deux réalisateurs ont hélas fait le mauvais choix de revenir dans les rangs du moralisme hollywoodien de bas étage. Avec, histoire de bien nous faire serrer les dents, une bonne grosse morale à la con : en gros, tu peux foutre une raclée au gros bourrin pas sympa parce qu’il t’a fait du mal, mais ne le bute quand même pas parce que c’est pas bien. Heureusement que ce cartoon réalisé par Captain Obvious compense cette maladresse bien-pensante en tenant jusqu’au bout les rênes de son concept, allant même jusqu’à se montrer juste et décalé dans la caractérisation de ses personnages, et jouant le plus possible de la disproportion entre la motivation du jeune héros (devenir la star de son bahut) et celle de sa poupée (occire les vilains exploitants d’enfants). Tout cela n’aboutit pas à un film d’animation capable de rivaliser avec les plus grands, mais offre malgré tout une très jolie distraction, inventive et généreuse en drôlerie.

Guillaume GasEnvoyer un message au rédacteur

BANDE ANNONCE

Laisser un commentaire