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MIZRAHIM, LES OUBLIÉS DE LA TERRE PROMISE

Un film de Michale Boganim

Un espoir d’intégration déçu

Michale Boganim raconte le passé de sa famille, son père, juif marocain (de la branche des Mizrahim, les juifs « orientaux ») ayant voulu rejoindre à l’âge de 18 ans Israël. Pour cela, elle décide de prendre la même route qu’elle a faite à l’époque…

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Au travers du parcours de son père, en repassant par les villes dans lesquelles sa famille est passée ou s’est installée, la réalisatrice Michale Boganim ("La terre outragée"), qui assure ici la voix-off, embrasse le destin de toute une communauté de juifs dits orientaux (du Maghreb, du Moyen-orient, d'Asie, d'Inde...) venue chercher l’égalité et l’intégration en Israël et n’ayant trouvé que domination et exploitation. Soulignant, lors d’une rencontre avec le maire de Yeruham que la manière dont est accueilli un ensemble de familles a « des conséquences pendant 100 ans », c’est une situation d’exclusion sur des générations qu’elle décrit, en recueillant au fil du voyage les témoignages d’autres « gens au rêve brisé », à l’image de son père.

Et la démonstration est implacable, jalonnée d’histoires déchirantes, contées souvent avec une inattendue dignité, d’élèves ayant réussi des examens d’entrée dans des écoles qui les ont tout de même refusés, à ces femmes âgées à qui on a enlevé leurs enfants, en passant par le refus d'accès à certains logements... Argumentant avec justesse, Michale Boganim parle de l’utilisation des Mizrahim pour créer une classe prolétarienne, certes nécessaire à la construction du pays, et montre comment la guerre a permis d’éteindre les luttes sociales, au moins temporairement.

Prenant, cet hommage affiché à son père ne mâche ni ses mots, ni ses démonstrations visuelles (ces quartiers - souvent délabrés - ou ont été regroupés certaines populations...), appuie là où cela fait mal, accusant l’État israélien de déni face à ses propres crimes, et rappelant que contrairement à la seconde génération et son désir d’intégration, la troisième va enfin retrouver la mémoire. Et donc peut être l’espoir.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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COMMENTAIRES

Yoav

lundi 4 juillet - 10h06

D'une incompétence historique grave. Un manque de connaissance de l'histoire. C'est tout simplement une erreure de ne pas étudier l'histoire avant de faire un film. Yoav

LoaK

lundi 4 juillet - 10h04

En attendant les oubliés de Gaza… Non sérieusement aucune pudeur ce peuple

Eugaznog

lundi 4 juillet - 10h00

Beau film émouvant! On connaissait les dissensions askenazim/ sefaradim, mais poussé es à ce point! C'est une triste découverte. Que sont devenus les enfants otés (volés?) à leur famille? Ont ils été " "azkénazimisés"? Ou vendus à des adopteurs et de quel pays, de quelle religion ?
Un point qui me paraît très dommageable: nulle part n'est évoqué le malheur des autochtones palestiniens, qualifiés seulement d'"arabes", ou de "bédouins", interdits de ces belles routes et même oubliés, niés, dépossédés de leur terre. C'est un point qui rend pour moi le film quelque peu schizophrène; c'est mon avis marginal, mais très sensible à ce " pêché originel" d'Israël dont je souhaite la "rédemption" réellement démocratique et non discriminatoire. Mazel tov !
Gonzague Hutin. ex kibboutznik passager, à Regavim en 1959 (Cercle des Amis des Kibbutzim de Langue Française)

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