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THE MESSENGER

Un film de Oren Moverman

Eprouvant

Un jeune vétéran de la guerre d'Irak se voit affecté à la délivrance des messages concernant la mort des soldats, auprès d'un soldat droit comme un « I »...

Sortie en DVD et Blu-ray le 6 juillet 2012

Film choc, « The messenger » est un film américain sans concession. Pas une oeuvre anti-guerre, ni véritablement un film sur le retour au pays, mais une observation fine des conséquences sur les familles des morts au combat. Double portrait de deux soldats chargés d'annoncer les décès, le film décortique la routine apparemment inhumaine des annonces, pour mieux montrer la souffrance intime liée à la perte d'un proche et les dangers d'une quelconque implication auprès des destinataires de ces messagers funestes. Un discours qui semble bien connu, puisque déjà évoqué de manière parallèle dans l'excellent « Hurt locker » de Kateryn Bigelow dans le contact entre occupants et occupés.

Pour mieux servir son propos, le film offre quelques scènes chocs, où les insultes fusent, les messagers se font frapper, cracher dessus, ou doivent faire face à certains parents, armés de fusils qui confondent aisément l'armée et les porteurs de message. Intelligemment, plutôt que de filmer la guerre, le réalisateur l'évoque simplement au travers des blessures des hommes (à la jambe, à l'oeil). Un choix judicieux, qui permet à l'humanité de s'exprimer non par rapport au conflit mais à la perte d'un être cher, véritable sujet du film. Le scénario choisit ainsi de présenter le traumatisme attendu beaucoup plus tard, venant ainsi éclairer une autre perte, plus personnelle.

« The messanger » affiche un duo d'acteurs très convaincants. Ben Foster (« 11h14 », « Otage », « X-men 3 ») y compose avec minutie un vétéran dans la vingtaine, dont l'apparence implacable contraste à merveille avec la pureté de ses intentions. Dévasté lors de la scène de répétition du mariage, il s'éprend par mégarde mais avec sensibilité d'une jeune veuve. Un joli rôle de mère pour Samantha Morton, perdue entre la possibilité d'une histoire et une haine retenue. « The messenger » est au final ce qu'on peut appeler un film clinique, mais toutefois nécessaire.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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