Banniere_Festival_Lumiere_2020

THE MATADOR

Un film de Richard Shepard

Pour les acteurs dont Pierce Brosnan, fortement ventru

Un tueur à gages en pleine dépression. Un commercial à qui rien ne réussit. Dans un hôtel au Mexique, une simple conversation de comptoir va les rapprocher, et leur permettre de mieux se connaître...

Avec ce film, Pierce Brosnan aborde un sacré virage dans sa carrière d’acteur. Car le sujet de The matador lui permet d’effectuer une transition en douceur entre son ancien univers (les films d’espionnage auxquels il restera éternellement attaché par James Bond !) et des comédies et autres films plus loufoques, où le jeu des comédiens importe plus que le placement des explosifs dans les décors. Et grand bien lui fait, car c’est avec jubilation que le spectateur le retrouve dans un rôle inédit, où les larmes côtoient les crises de folies.

Il est à la fois drôle, émouvant, inquiétant et flamboyant. Car le personnage de Julian passe de la plus totale concentration, à la folie douce avec cette recherche perpétuelle de sens à sa fin de carrière. Surtout que le comédien charge ce pauvre personnage, et fait rejaillir en lui de nombreux travers (ah la scène de traversée de l’hôtel ! !). Aussi à l’aise en tueur qu’en alcoolique, il compose un être étrange, tiraillé entre deux mondes, lui permettant d’apporter une touche de folie, contrastant avec le personnage de Greg Kinnear. Celui-ci est le faible d’aspect, celui qui subit, tout au moins dans un premier temps. Car à force de côtoyer Julian, il va se servir indirectement de l’assurance de celui-ci et de son acharnement.

Le réalisateur utilise à merveille l’ensemble des magnifiques décors de la capitale mexicaine, avec une certaine sobriété des couleurs et des objets. Certes le film souffre parfois de temps morts, et certains personnages secondaires manquent cruellement de consistance ou de temps d’exposition, alors que d’autres points du scénario révèlent des zones d’ombres, laissées là plus ou moins volontairement. Mais la folie de certaines scènes et l’émotion qui s’en dégage atténue ces défauts. Ce film est donc plaisant, et permet de voir un acteur qui réussit brillamment sa transition en prenant du plaisir à changer de registre.

Guillaume BannierEnvoyer un message au rédacteur

Laisser un commentaire