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MARIA, PLEINE DE GRACE

Un film de Joshua Marston

A la limite du documentaire

Maria (Catalina Sandino Moreno) en a assez de se laisser marcher sur les pieds par son petit ami, comme par son patron. Elle décide de démissionner de l'usine de conditionnement de roses où elle travaille, et de quitter son ami, qui l'a mise enceinte. Elle fait alors la connaissance d'un homme, qui lui propose de devenir une mule. Son système digestion chargé de capsules de cocaïne, elle va devoir passer la douane américaine...

Grand prix de Deauville 2004, Maria pleine de grâce, est un film émouvant, centré sur le personnage d'une jeune femme, qui se laisse entraîner avec inconscience dans le trafic de drogue dure. Après avoir dressé le portrait de cette fille au caractère trempé, qui ne sait pas trop ce qu'elle veut, mais est consciente de ce qu'elle ne veut pas, le réalisateur Joshua Marston décrit méticuleusement chacune des étapes qui vont faire d'elle une mule. Et il réussit même à insuffler à la fois inquiétude et suspens. Du difficile apprentissage de l'avalage des capsules de poudre, avec l'entraînement préalable aux raisins, jusqu'aux conséquences d'un trop plein, d'une envie d'aller au toilettes, le moindre détail est passé en revue.

Mais l'intensité du récit se fait véritablement ressentir lorsque le jeu tourne au cauchemar, avec la montée en avion, et l'arrivée dans un pays méfiant : les Etats-Unis. Les dangers sont alors multiples (ouverture d'un sachet à l'intérieur du corps, dealers véreux, absence de connaissances sur place…), et leur présence simultanée accélèrent le rythme et renforce la tension de ce film qui frôle le documentaire. Le passage à la douane est un moment d'intense angoisse, et le dénouement une sorte d'ouverture bienvenue. Une réussite indéniable pour un premier film, qui a su séduire jury de Deauville, comme public et critique, qui lui ont également décerné leurs prix.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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