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MADAME HENDERSON PRESENTE

Un film de Stephen Frears

Un pur plaisir d’actrice

Mme Henderson est une riche veuve qui en 1937 fait l’acquisition d’un théâtre londonien, le Windmill (le moulin), qu’elle fait retaper. Non conventionnelle, elle décide d’y donner des représentations en continu, puis du nu…

L’histoire de cette lady anglaise se devait d’être racontée, non seulement pour son audace à vouloir présenter du nu pour la première fois dans une Angleterre ultra conservatrice, bravant les menaces de censure, mais aussi pour son courage et sa ténacité, à vouloir garder le théâtre ouvert durant toute la seconde guerre mondiale. D’une veuve légèrement excentrique, Judy Dench, sous la plume de Martin Sherman et la direction de l’éclectique Stephen Frears (The snapper, The van, High Fidelity…), fait une effrontée bourgeoise aux élans formidables et aux fêlures rarement détectables bien qu’affleurantes.

On se délecte de ses échanges avec le metteur en scène de ses spectacles (Bob Hoskins, buté), de sa complicité saine avec ses « filles » (dont Kelly Reilly, naïve), et de ses numéros de charme avec le responsable de la censure. Dans des décors classiques de théâtre et de coulisses, la caméra de Stephen Frears virevolte, et nous fait vivre de l’intérieur la préparation des spectacles, et découvrir avec délice les tableaux de nus « immobiles », preuve artistique que l’imagination trouve toujours des moyens pour contourner les lois. Et parfois, le mouvement s’arrête, laissant le calme s’installer, s’échapper au grand air, sur ce toit, improbable havre de paix reléguant la guerre au loin, où Mme Henderson se réfugie de temps à autres. Et l’agitation repart de plus belle… Un vrai plaisir on vous dit.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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