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LOUP Y ES-TU ?

Un film de Clara Bouffartigue

Un documentaire intéressant à défaut d’être touchant

Dans un centre médico-psycho-pédagogique, les soignants mettent tout en œuvre pour aider les enfants et adolescents en souffrance psychologiques. Mais la nuit, les pensées sombres ressurgissent…

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C’est dans le cadre du tournage de son précédent documentaire, "Tempête sous un crâne", que la cinéaste Clara Bouffartigue a pu rencontrer l’équipe et le quotidien d’un Centre Médico-Psycho-Pédagogique (CMPP pour les intimes) en Seine Saint-Denis. Sans voix-off ou introduction, la caméra nous plonge au cœur d’une institution méconnue du grand public, où parents et enfants trimballent leur spleen et viennent vider leurs sacs remplis de larmes et de rage, mais aussi où il est possible d’entendre résonner des rires. Entre les sessions collectives, les rendez-vous familiaux et les consultations individuelles, le film nous invite à découvrir un panorama d’enfants et d’adolescents, bouleversés par leurs émois intérieurs, effrayés par des tourments d’apparence insurmontables et dont la communication avec les adultes est souvent rompue. Pour illustrer les sombres pensées de ces bambins, des séquences horrifiques peuplent le récit, apportant un rythme différent au métrage.

Si l’immersion au sein de ce milieu est totale, la juxtaposition des très nombreux portraits souffre mécaniquement d’une redondance, la faute probablement à une galerie trop importante de protagonistes. Là où on aurait aimé en connaître plus sur certains, assister à leur évolution, "Loup y es tu ?" enchaîne les thérapies sans que nous ayons pu avoir le temps de nous attacher à ces êtres écorchés. La démarche est évidemment louable, et l’hommage à ces personnels de santé plus que mérité quand on voit leur passion et patience à toute épreuve. Néanmoins, la seule pénétration dans un établissement ne suffit pas à construire une trame narrative au-delà du simple reportage. À cette époque où la santé mentale est enfin devenue un sujet dans le débat public, il est appréciable de voir des réalisateurs s’emparer de ces thématiques. Dommage que la forme ne fût ici pas au rendez-vous…

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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