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LOLA

Un film de
Avec

2ème avis – Du cinéma vérité à apprécier pour ses angles d'approche

Après avoir remporté le Prix de la mise en scène au festival de Cannes pour son film « Kinatay », Brillante Mendoza, réalisateur d'origine philippines signe son huitième film avec « Lola », un drame social se déroulant à Manilles. L'histoire est simple : c'est celle de deux vieilles femmes, l'une grand-mère d'un homme assassiné (Lola Sepa), l'autre grand-mère du meurtrier placé en prison (Lola Puring). Si leur malheur semble les opposer, elles ont toutes les deux un but commun : trouver de l'argent, afin de financer les funérailles pour l'une, et de payer un compromis pour l'autre.

Anita Linda et Rustica Caprio sont particulièrement émouvantes dans les rôles respectifs de Lola Sepa et Lola Puring. Elles transmettent avec réalisme la pauvreté et l'acharnement des manillais, malgré l'age et les épreuves de la vie. On remarque chez les deux femmes beaucoup de similitudes, telles l'amour et la dévotion portés à la famille. Lola Sepa est une femme abattue, dont le sourire semble à jamais effacé de son visage. La mort de son petit-fils l'a détruite. Anita Linda interprète à la perfection une femme démunie, perdue dans ces moments douloureux. Si Lola Puring apparaît plus tard, l'actrice sait imposer son personnage et nous convainc de pardonner son petit-fils Mateo, car si cette femme ne comprend pas l'acte définitif de ce dernier, l'amour qu'elle lui porte est tellement inconditionnel, qu'il en devient contagieux.

Des décors sombres, des plans très longs, peu de dialogues, quelques longueurs et une musique presque absente, auxquels s'ajoute le lieux : Manilles, capitale très pauvre des Philippines où il semble ne jamais cesser de pleuvoir. Cet amalgame de sobriété et de pauvreté renforce l'effet de tristesse et de solitude qui se dégage du long métrage. Ce film appartenant au cinéma vérité, entre documentaire et fiction, est à voir plus pour ses angles d'approche - d'un côté la victime, de l'autre le coupable - , que pour le scénario un peu trop simple.

Philippine Merolle

Anthony MARDONEnvoyer un message au rédacteur

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