Bagniere comedies_confinement-04

LILTING

Un film de Hong Khaou

De si beaux non-dits

Après la mort de Kai, son compagnon, Richard tente de se rapprocher de la mère de ce dernier, Junn, une immigrée chinoise ayant épousé un franco-cambodgien, qui ne s'est jamais acclimatée à la société occidentale et ne parle même pas anglais. Il demande alors à une jeune femme de servir de traductrice...

La thématique du « coming-out » n'est pas chose nouvelle dans les histoires d'amour homosexuelles. Mais elle trouve ici une douloureuse résonance, avec l'intelligent croisement opéré ici avec celle du deuil, au travers d'un scénario finement écrit. Mais ce dernier ne serait rien sans la mise en scène, toute en délicatesse de Hong Khaou, qui invite au dialogue sans langage, incrustant au milieu d'un couple en émergence (la vieille femme et un anglais, pensionnaire de la même maison de retraite), et d'un autre entre animé par le souvenir, une jeune traductrice qui sert de révélateur.

Le principe est plutôt ingénieux puisqu'il permet, au milieu du drame, l'irruption de soudains moments de pure comédie, qui viennent contrebalancer les quelques vérités parfois cruelles qu'elle devra véhiculer. Mais l'âme du film ce sont ces acteurs bouleversants incarnant des personnages écorchés, le montage se chargeant de les faire dialoguer au passé ou au présent, avec le cher disparu. Il y a d'abord Pei-Pei Cheng, en mère isolée et jalouse, enfermée dans son langage étranger et son calme d'apparence. Mais il y a surtout Ben Whishaw (« Le parfum », « Bright star », « Cloud Atlas »), magnétique, en amant éploré, tentant avec sa belle-mère une communication que n'avait jamais réussi son ami, le regard embué, les lèvres hésitantes, il transpire le tourment et le désir de bien faire. Un acteur tout juste bouleversant, au cœur d'un film brut de décoffrage, aux élans de générosité d'une incroyable véracité.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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