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LA LIGUE DES GENTLEMEN EXTRAORDINAIRES

Un film de Stephen Norrington

Les super-héros sont SUPER...ficiels

À la fin du 19ème siècle, dans une Europe au bord du chaos suite aux agressions multiples dont ont été victimes divers pays, les services secrets anglais décident de former un groupe de super agents, nommé la ligue des gentlemen extraordinaire. Ce groupe, aux membres associés pour diverses raisons, se verra opposé au mystérieux Fantôme, celui qui dirige en sous-main une terrible et puissante organisation para-militaire…

L'idée de base servant au scénario est fabuleuse. Utiliser toutes les grandes figures de la littérature populaire anglo-saxonne du 19ème siècle, pour les réinjecter dans une réalité paradoxale reste un grand moment. De plus le choix des personnages s'avère particulièrement judicieux, car leur antagonisme et leur part d'ombre ressortent à chaque instant. Ainsi en tête de liste on trouve Alan Quartermain, l'homme invisible, le docteur Jekyll, le capitaine Nemo, Mina Harcker, Tom Sayer et Dorian Gray.

Tous ces personnages, campés ici à l'écran par des acteurs plus ou moins connus, ressortent parfaitement et leurs caractéristiques principales atteignent rapidement le spectateur. Mais il y a un point sur lequel le bas blesse, car même si tous sont parfaitement respectés, il semble manquer au film une profondeur permettant de créer un univers crédible autour de ces héros. Leur présentation, bien que durant plus de 40 minutes, apparaît comme bâclée, et leurs réactions semblent bien trop souvent volontairement simplifiées par le scénariste, comme si une fois de plus ils se devaient de rentrer dans le moule des films de super-héros hollywoodiens.

Une grave erreur qui nuit énormément à un film plein de moments de grâce. Car au-delà des défauts nommés auparavant, la ligue reste un film avec un style propre, très métallisé. La majeure partie des décors sortent tout droit des grands classiques de Jules Verne (le nautilus, les armes automatiques ou la voiture), utilisant un genre rétro futuriste, où les anachronismes abondent, mais dans le même esprit que la présence de ces héros de littérature, c'est à dire avec cohérence mais superficialité.

Il est rageant d'ailleurs de voir que les meilleures idées de ce film restent lettre morte tellement le réalisateur et le scénariste imposent un rythme effréné au long métrage. Car les décors en images de synthèses et certaines scènes d'action auraient pu être plus développées, sans pour autant porter préjudice au film, tellement le matériau de départ paraissait vaste et porté par notre imaginaire. D'autre part le montage très rapide du film laisse entrevoir que celui-ci devait être plus long au départ.

Donc au final, un film aux promesses non tenues alors que l'idée de départ et les possibilités étaient fastueuses. A sauver des décors et des effets spéciaux très réussis (le mister Hyde est terrifiant). Ç'est peu mais déjà pas mal.

Guillaume BannierEnvoyer un message au rédacteur

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