avec ou sans moustache

LA LEGENDE DE BEOWULF

Un film de Robert Zemeckis

Purement technique

Alors que le Roi Hrothgar et ses sujets célèbrent la construction d’une nouvelle halle, ceux-ci sont attaqués par l’immonde Grendel, monstre sanguinaire de plusieurs fois la taille d’un humain. Quelques temps après, le viking Beowulf arrive au village, avec sa réputation et ses combats légendaires. Il pourrait bien être celui qui les libèrera de l’oppression…

Autant le dire d’emblée, le nouveau Robert Zemeckis, filmé comme son précédent (« Le pôle express » en performance capture (c'est-à-dire avec des acteurs vivants, ensuite retravaillés en images de synthèse), est une vraie déception, laissant le spectateur carrément sur sa faim. Non pas du côté technique, puis le réalisateur excelle dans la création d’un monde profondément sombre, où la nuit tient une place primordiale. D’autant que ses acteurs, à la fois reconnaissables et transformés (voir la bidoche de Sir Anthony Hopkins), composent des personnages qui leur aurait demandé des mois de préparation physique pour un film live. Ray Winstone, ainsi bodybuildé, fait du coup figure de jeune premier, affabulateur mais bagarreur, bien loin de ses rôles dans « Ladybird » de Ken Loach ou « The war zone » de Tim Roth qui l’ont révélé.

La technique est donc parfaite, permettant de donner vie à des monstres (fabuleux Grendel) et dragons formidablement bien rendus. Mais cela ne fait pas tout et après quelques mensonges bien sentis, qui permettent au héros d’embellir sa propre histoire, le récit se limite finalement à une traque d’un monstre à la chair à vif, aussi effrayant que vulnérable. On va de bataille en bataille sans s’intéresser vraiment au sort de cet homme irréel qui sortira forcément vainqueur de l’ensemble. A moins que… L’émotion est malheureusement bien loin, dans ce spectacle rythmé, sanguinolent, à déconseiller aux enfants du fait de sa violence.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

À LIRE ÉGALEMENT

Laisser un commentaire