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LE PARDON

De l’aveugle injustice

Il y a un an, Mina, qui vit avec sa fille muette Bita, a perdu son mari Babak, exécuté pour meurtre. Convoquée par les autorités, elle apprend que celui-ci était en fait innocent. Celles-ci lui promettent de lui payer « le prix du sang », soit 270 millions de tomans en guise de compensation. Réclamant de voir les juges responsables, et refusant d’aller s’installer chez son beau père ou de se rapprocher de son beau frère, elle fait la connaissance d’un homme qui affirme avoir une dette envers Babak, dont elle accepte l’aide…

Le pardon film movie

Passé par la compétition (virtuelle) du dernier festival de Berlin, le film iranien "Le pardon" est un film iranien centré sur un ensemble de questions morales, autour de la réparation et du pardon de l’erreur judiciaire. Fustigeant l’absence de remise en cause des autorités, le scénario s’intéresse aussi à la situation d’une femme sans homme, dont on découvre effaré la multitude d’obstacles auxquels elle se heurte dans son quotidien. Mina, déjà effondrée, doit faire face à une belle famille qui lui renie le droit de garde, et à des logeurs qui refusent les femmes « seules ». Et les mots sont parfois presque pires que les actes, mettant sur un pied d’égalité les veuves, les chiens et les drogués.

Parsemé de claques du même genre, son parcours n’est pas sans évoquer celui du "Fils" des frères Dardenne, tandis que la recherche du pardon (déjà au centre du récent et efficace "Yalda, la nuit du pardon"), ici multiple, apparaît comme une égoïste et vaine expérience. Et la mise en scène, sobre, mais aux quelques plans marquants (la symbolique vache - potentielle sacrifiée - au beau milieu de la prison, la femme et le mystérieux ami discutant sur un balcon, l’appartement allumé à l’arrière…), vient souligner l’aveuglement d’un régime incapable de reconnaître ses erreurs et se cachant derrière la religion pour justifier la possible injustice. Un beau plaidoyer contre la peine de mort et la domination masculine, en forme d’imbrications de multiples drames.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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