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LE CHANT DE LA FORÊT

Accepter son destin

Alors qu’il se baigne de nuit près d’une cascade, Ihjãc, un jeune indigène de la tribu Krahô, entend la voix du fantôme de son père. Sans pouvoir le voir, il décide cependant de mettre fin au deuil en convoquant l’organisation de la fête funéraire qui doit libérer son esprit. Mais refusant son destin de chamane, celui-ci s’enfuit à la ville pour fuir les mauvais esprits…

Le chant de la forêt film image

Prix du jury à Un certain regard lors du Festival de Cannes 2019, "Le chant de la forêt", initiale titré "Les morts et les autres", est une plongée dans l’univers des indigènes de la tribu Krahô, confronté à la domination de la culture brésilienne. Véritable témoignage des traditions, croyances et mode de vie de ces tribus risquant l’extinction, le film est interprété par les villageois eux-mêmes, et met en avant l’apparence d’intégration qui leur est proposée à la ville. La première partie, au village est assez captivante, située dans un village géométrique, en arc de cercle, fait de maisons de terre aux toits végétaux, et montrant un quotidien fait de chasse au tamanoir, baignade, et rituels chamaniques.

Une fois déraciné, la seconde partie, à la ville, met en évidence l’isolement et le déracinement, tout en oubliant pas le rapport aux esprits, symbolisé ici par un perroquet devenu figure récurrente. Entre documentaire et fiction, "Le chant de la forêt" fait office de document anthropologique, au scénario minimaliste, préférant s’attarder sur les rites et révélé le sens donné à la nature, plutôt que de construire un vrai suspense. Un document rare mais qui ne convaincra pas tout le monde, la faute peut-être à un caractère contemplatif et immersif qui exige une certaine lenteur et longueur.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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