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LA VIE INVISIBLE D'EURIDICE GUSMÃO

Un film de Karim Aïnouz

Un magnifique portrait de femmes désireuses d’une certaine liberté

1950 au Brésil, dans la banlieue de Rio de Janeiro. Euridice et Guida sont deux sœurs inséparables. Pourtant Guida décide un jour de partir en douce avec le marin grec qu’elle fréquentait. De retour enceinte quelques mois plus tard, son père la répudie, et ordonne à sa femme de cacher à sa sœur, Euridice, le fait qu’elle est rentrée au pays…

La vie invisible d'Euridice Gusmao film image

Débutant au début des années 50, l’intrigue du nouveau film de Karim Ainouz ("Praia do futuro", "Le ciel de Suely", "Madame Sata") s’étale sur plusieurs dizaines d’années, relatant les destins de deux sœurs, séparées par leurs parents, mais toutes deux désireuses de se revoir. Alors que les lettres de Guida (lues partiellement en voix-off) permettent de faire avancer l’intrigue, ce sont à chaque fois le devenir de lune comme de l’autre qui sont mis en parallèle.

Déchirante histoire, montrant l’évolution progressive des mœurs, mais aussi le pouvoir de persécution de toute une société, "La vie invisible d’Euridice Gusmão" met en évidence la domination masculine, les devoirs supposés de la femme, et l’emprise de la notion de famille, face à tout désir amoureux ou ambition professionnelle. Un fait que Karim Ainouz parvient à illustrer de manière régulièrement crue, lorsqu’il montre notamment les rapports physiques entre Euridice et celui qui est devenu son mari.

Construit sur de multiples ellipses temporelles, le film dégage une puissante émotion, encore renforcée par le jeu habité des deux interprètes ( Carol Duarte et Julia Stockler), et l’utilisation de couleurs vives qui viennent rappeler sans cesse leur désir de vivre pleinement. Fort mérité Prix Un certain regard au dernier Festival de Cannes, ce drame aussi intense que lumineux, défend intelligemment l’idée que les liens familiaux sont avant tout liés à l’amour et non au sang, et possède quelques climax irrésistiblement lacrymaux (la scène du restaurant, les repas de Noël en parallèle, le dénouement...). Un must.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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