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LA ULTIMA PRIMAVERA

Un film de Isabel Lamberti

La enésima historia

Les habitants d’un bidonville près de Madrid apprennent un jour que le terrain sur lequel ils vivent a été vendu. Face à une destruction programmée et à l’obligation de partir, les caractères s’échauffent…

La Ultima Primavera film

Section ACID, docu-fiction sur une famille en contexte de précarité, épisode numéro on ne sait plus combien… Le petit zeste de nouveauté, c’est quoi, cette fois-ci ? Un bidonville sur le point d’être détruit, ce qui implique la confrontation d’un cocon précaire à une liste de lois et de décrets. Et le film auquel on va fatalement penser et qui va faire figure de comparatif cruel, c’est quoi, cette fois-ci ? Au hasard, on pense tout de suite au "Gone du Chaaba" de Christophe Ruggia, même si le film d’Isabel Lamberti n’est plus majoritairement centré sur un enfant. Alors, pour remplir les minutes qui s’écoulent pendant les soixante-dix-sept qui constituent le film, on se raccroche à ce que l’on peut. Des caractères qui se confrontent. Des différences qui s’opposent. Des séparations qui s’imposent ou qu’on impose. Des bribes de résistance face à la fatalité. Des fêtes et des rencontres qui égayent la vie tandis que l’inexorable se rapproche. De l’universel en packaging. Du déjà-vu par-ci par-là, en somme.

Il n’y a rien de plus à dire sur "La Ultima Primavera", énième exemple de docu-fiction qui explore un contexte social précis, qui se place au plus près de ses composantes, et qui in fine oublie d’en tirer une approche symbolique au travers du découpage. La réalisatrice a beau savoir filmer l’intime et mettre en valeur les caractères d’untel ou untel, on ne se sent ni ému ni intéressé par ce qui transpire de ces séquences mises bout à bout de la vie à la « La Cañada Real », bidonville proche de Madrid. Ce n’est clairement pas avec ce genre de film que la fiction, de plus en plus conspuée par les promoteurs aveugles de l’enregistrement du réel, va perdre la bataille de la chronique sociale en faveur du docu-fiction.

Guillaume GasEnvoyer un message au rédacteur

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