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KILLING BONO

Un film de Nick Hamm

Mr Nobody

1976, Dublin : deux groupes de rock se forment dans les couloirs d'un lycée. Paul Hewson fonde « The hype », qui deviendra rapidement U2, et Neil McCornick, son camarade de classe, formera « Shook up »... Mais il ne suffit pas de faire partie de la même promo pour rencontrer le même succès...

Le monde de la musique anglo-saxonne fascine. Ces dernières années, l'industrie cinématographique a déterré Joy Division avec « Control », les Rolling Stones avec « Stone in exile » et « Shine a light », John Lennon et les Beatles avec « Nowhere Boy ». Aujourd'hui, c'est au tour des Irlandais de U2 d'être mis en avant, ou plutôt en toile de fond dans le film « Killing Bono ».
Plutôt que de narrer l'ascension du groupe mythique, le film s'inspire de l'ouvrage de Neil McCormack, « Killing Bono: I Was Bono's Doppelganger », qui narre le destin banal et tragique de deux frangins, dont le quotidien et la potentielle ascension musicale fut parasité par une jalousie juvénile et les comparaisons 'stériles' entre leur groupe et celui de Bono.

Suivant l'évolution de leur groupe, Shook up, le spectateur est invité à pénétrer le milieu underground londonien des années 80, permettant de se moquer allègrement des coupes de cheveux et du style vestimentaire qui étaient à la mode : chemises à jabots, bretelles, cheveux permanentés, boucles d'oreille, eye-liner et usage outrancier de dentelles. Notamment, le plus jeune des frères, Ivan, est à croquer dans son déguisement de Duran Duran, et son frère Neil, le leader du groupe, assez sexy en copie conforme de Michael Hutchence, chanteur d'INXS (malheureusement, la désinvolture et le sex appeal en moins).

Une attention particulière a été accordée à la bande originale (détail nécessaire pour un film sur des zicos) : reprise de morceaux de Shook up ré-enregistrés et un titre quasiment inédit, écrit par les membres de U2 du temps où ils s'appelaient encore The Hype. Et des scènes de live plutôt crédibles de la part des baby rockers...

Malheureusement, le destin sans espoir de ce groupe de seconde zone ennuie rapidement, et les galères et concerts avortés enlisent le scénario, qui manquait déjà de consistance, dans des profondeurs abyssales d'où le spectateur aimerait s'extirper.
Faut-il en vouloir à l'ouvrage dont le film s'inspire ? Aux acteurs, pourtant connus mais encore débutants (Ben Barnes vu dans “Le monde de Narnia” et Robert Sheehan dans la série “The Misfits”) ? A une réalisation qui reste très classique (Nick Hamm n'ayant rien réalisé depuis « Godsend, expérience interdite » en 2004) ? En tout cas, sûrement pas à Pete Postlethwaite, dont ce sera malheureusement le dernier film.

Véronique LopesEnvoyer un message au rédacteur

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