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KIDNAPPÉS

Un film de Miguel Angel Vivas

Le souffle court

Jaime et Marta gèrent leur emménagement dans une grande et moderne maison. Lorsque leur fille Isabel leur demande l'autorisation de passer la soirée avec son petit ami, ils ne sont pas d'accord entre eux. La mère voudrait qu'ils passent la première soirée dans cette maison tous ensemble. Le père, lui, ne voit pas d'inconvénient à ce qu'elle s'absente. L'irruption soudaine de trois individus cagoulés va changer la donne. Ils vont bien passer la soirée ensemble mais d’une manière inattendue...

Plutôt que « Kidnappés », ce film devrait s'appeler en français « Séquestrés », traduction exacte de son titre original espagnol, « Secuestrados ». Car c'est bien de cela qu'il s'agit, les trois individus étant surpris, agressés, puis enfermés chez eux, dans cette immense maison qu'ils connaissent à peine eux-mêmes. Enfermés au moins un temps ensemble, jusqu'à ce que le chef du groupe, s'étant d'abord saisi des objets de valeurs (et des téléphones portables), décide de demander au père de le conduire jusqu'à un distributeur pour retirer le maximum d'argent avec toutes les cartes de crédit possible.

D'un côté on suit donc la résistance et les tentatives de fuite de la mère et la fille, dans un lieu qui offre ainsi quelques opportunités de fuite ou de cachette. De l'autre, on assiste à la montée en assurance d'un mari qui, ayant été forcé de voir le visage de son ravisseur, sait qu'il n'a plus rien à perdre. À part justement les deux femmes de sa vie. Captant les hésitations, les impulsions, le courage inconscient, les réflexes malheureux, la détresse tremblante, la peur paralysante, Miguel Angel Vivas maîtrise son cadre, et la distance aux personnages, sachant utiliser la caméra à l'épaule à bon escient, dans les moments de plus grande fébrilité ou au cours des quelques explosions de violence.

Se saisissant judicieusement de la technique du split-screen, il suit en simultané deux actions parallèles, en rajoutant encore au stress existant d'une des deux trames par la superposition des sons provenant de l'autre, ou en assurant en douceur les transitions d'une scène à l'autre, s'éloignant ainsi en douceur d'une des nombreuses pointes de tension. Certes le principe a déjà été utilisé de la même façon dans la série « 24 heures chrono », mais il confirme ici son efficacité. « Kidnappés » emprunte ainsi des sentiers déjà battus par d'autres (« Orange mécanique », « Funny Games ») l'aspect gratuit étant partiellement réduit ici, mais le sadisme bien présent. De quoi trembler face à cette production signée La fabrique 2, qui reprend fièrement en cette année 2011, la veine des thrillers sanguinolents laissée libre par son prédécesseur, La fabrique de films.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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