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KEEPING WATCH

Un film de Fen Fen Cheng

Décalé

La fille d'un horloger tient le magasin de son père, rendu alcoolique par le départ de sa femme. Elle fait la connaissance de Han, un camarade de classe, qui sous le charme, revient tous les jours faire réparer sa montre, emplie d'eau...

Avec sa drôle d'histoire, tournant autour de la folie, le jeune homme (Yu) se faisant en réalité passer pour son frère (Han), décédé, on est tout d'abord intrigué par le ton légèrement décalé et l'étrangeté des personnages. Les détails sur l'horlogerie sont légions, mais ne servent qu'à planter le décor. La jeune fille met des tas de réveils pour se forcer à se lever, et les éteindre un à un, jusque dans les escaliers. Le contexte social n'est pas non plus exploité, laissant rapidement de côté la destruction dont doit faire l'objet le quartier au charme désuet dans lequel se déroule l'action. Heureusement, les mystères autour de l'eau, omniprésente autour de Yu, apportent un semblant de suspense.

Mais les nombreuses transitions, à l'image stylisée façon photoshop, affublées de commentaires écrits aussi longuets qu'inutiles concernant les états d'âmes de personnages ou leurs objectifs, cassent un peu le rythme de l'histoire. Tentant une cohérence d'ensemble autour de l'usage récurrent d'un harmonica, symbole de ralliement des deux amoureux, le réalisateur rate là aussi son coup, ne générant qu'un charme ténu. Au final, la fantaisie se dilue peu à peu, malgré quelques bonnes idées de mise en scène (la scène filmée à l'envers, comme si la caméra était prisonnière d'un ressac, et qui prendra tout son sens vers la fin), dans des scènes assez convenues de tentatives d'échappée belle.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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