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LE JOUR OÙ LA TERRE S'ARRETA

Un film de Scott Derrickson

Message écolo pour film de science-fiction paresseux

Un soir, une scientifique est réquisitionnée par le gouvernement américain, parmi d'autres spécialistes. Les dirigeants de l'État leur présente le problème: un astéroïde devrait rentrer en collision avec la terre dans les prochaines heures...

La scène de préambule intrigue un peu. On y voit un aventurier ou un alpiniste, dans les glaces, découvrir une boule d'énergie, faite d'une lueur blanche qui paraît en rotation, derrière une surface de glace. Brisant celle-ci avec son piolet... il « entre en fusion » avec la sphère. Sans transition, après cette intro un peu vite expédiée, on ne saura rien de cet homme, on assiste à la mofbilisation manu-militari de la spécialiste (Jennifer Connely, totalement transparente) emmenée en hélicoptère, obligée de confier son fils à sa voisine en catastrophe. Le secret n'aura pas été gardé bien longtemps : la collision avec la terre est pour dans un peu plus d'une heure. On s'attend alors à l'enclenchement d'un suspense usuel, du type compte à rebours, comme dans « Deep impact » ou autre « Armageddon ». Il n'en sera rien. Après 20 minutes de film, voici que la boule de lumière s'est posée dans Central Park et que le premier contact a lieu... avec une esquisse de confrontation technologique, la chose étant capable de paralyser toutes les machines alentour. Fin du premier acte.

Début du deuxième acte. On recueille donc un extra-terrestre blessé, qui mue progressivement et revêt une apparence humaine... celle de l'aventurier du début. La boucle et bouclé, et le secret gardé. Ou les scénaristes évanouis dans la nature à dormir sous un arbre. Heureusement, l'alien a le physique de Keanu Reeves, ce qui rassure, ou inquiète, au choix. La chose est hautaine, demande à la vice-présidente Kathy Bates si « vous parlez au nom de la race humaine ? », et d'elle de répondre « je parle au nom du président des Etats unis ». Deux prétentions se font face. Et la chose d'affirmer : « la terre n'est pas « votre » planète », lors d'une scène d'interrogatoire presque risible. On hésite alors entre incrédulité et fou-rire, d'autant qu'avec son pouvoir de conviction, qui passe par l'énergie électrique (ce qui sera également pratique plus tard lorsqu'il servira de défibrillateur vivant), Reeves l'alien parviendra à s'échapper.

On s'enfonce. Et comme nous sommes assez profond, le troisième acte peut alors commencer : aidé par la scientifique, il retrouve un chinois dans un diner, avec lequel il a une discussion en asiatique, ce qui est potentiellement sensé être un élément anxiogène pour le spectateur, incapable de déchiffrer tout cela. Mais entre l'air rigide de l'un et l'attitude révoltée de l'autre, on comprend vite qu'il s'agit là d'un pote extr-terrestre qui refuse de partir et est « prêt à mourir avec les humains ». Se dévoile alors progressivement le message écologique du film, et malheureusement avec lui les multiples sous-entendus bibliques (arche, nuées d'insectes...). En parallèle à cette fuite improbable, nous avons tout de même droit à quelques scènes d'actions anecdotiques, visant à détruire la boule d'énergie et son vigile apparemment fait de métal.

Maintenant nous touchons le fond et place à l'acte quatre. La destruction de la terre commence, avec les nuées qui dévastent tout (avec cela dit quelques effets spéciaux correctement réalisés), dévorant sur leur passage un stade de football américain... Tout un symbole. Celui du retour au néant, comme ce qui aurait dû arriver au scénario de ce remake malvenu, surfant sur la mode écolo du moment, et vendant au spectateur une action et une aventure quasi inexistantes.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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