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JOHNNY ENGLISH CONTRE ATTAQUE

Un film de Peter Howitt et David Kerr

Une suite de gags sans vraiment de sens, honnêtes mais vides

Suite à une cyber-attaque, l’ensemble des agents britanniques sous-couverture est exposé. Pour enquêter sur l’affaire, le gouvernement doit faire revenir un ancien agent. Ils font donc sortir Johnny English de sa retraite pour enquêter...

La suite des aventures de "Johnny English", pendant policier de Mr. Bean, n’apporte pas grand-chose à la comédie d’espionnage. Les gags sont très répétitifs, très annoncés, mais d’une simplicité, d’une honnêteté et d’une incarnation désarmante. Pour ceux qui aiment les pitreries, les grimaces, la maladresse, l’incompréhension et les mimiques, Rowan Atkinson s’en donne à cœur joie. Le film semble être une série d’improvisations construite sur son jeu plus que sur un scénario. Le problème, toutefois, est qu’en comparaison au premier personnage, l’agent English est bête. Il n’est pas seulement maladroit et inattentif, il est bête. Il ne comprend rien et doit toutes ses réussites à la chance. Or un plan introductif de sa retraite où il forme de jeunes gens, montre que c’est un professeur très professionnel, très technique. Cette incohérence du personnage est pesante, car plutôt que rire avec lui, le spectateur rit de lui et de ses pitreries.

Les personnages secondaires sont très caricaturaux, mais c’était à attendre. Une petite blague, qui se veut moderne, tombe comme un cheveu sur la soupe quand elle tente de faire écho au dernier James Bond : le jeune Q ne sait pas ce qu’est une arme, et ne pense qu’à faire signer des formulaires de sécurités. L’essentiel de l’intrigue est basé sur un clash générationnel, entre une jeune génération ultra connectée et une plus âgée, celle de leurs parents, qui est larguée face aux nouvelles technologies. Une image un peu éventée, à laquelle viennent s’ajouter des personnages aussi stéréotypés que la jolie espionne russe. La problématique de la Première Ministre, qui tente de faire passer son pays dans la modernité, pourrait être intéressante, mais n’est pas exploitée.

Un film donc très potache, mais très honnête sur sa propre mécanique et qui reste vraiment dans le ton et le rythme de la bande-annonce. Des scènes de gags réussies donc, malgré ce qui pêche vraiment : les transitions et les moments d’émotions.

Thomas ChapelleEnvoyer un message au rédacteur

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