avec ou sans moustache

JEAN-MICHEL BASQUIAT : THE RADIANT CHILD

Un film de Tamra Davis

À la vitesse d’un météore…

Une plongée dans la carrière fulgurante de Jean-Michel Basquiat, artiste de génie mort à 27 ans en 1988 et désormais considéré comme l’un des artistes majeurs du XXe siècle…

De Tamra Davis, qui a réalisé sept longs métrages de fiction dont trois avec Drew Barrymore ("Le Démon des armes", "Les Belles de l’Ouest" et "Best Men"), on connaît surtout un film qui ne lui donne pas vraiment une réputation très positive : "Crossroads", soit la tentative de carrière cinématographique de Britney Spears en 2002. Depuis ce bide (relatif), rien au cinéma. Ainsi, il est a priori légitime de se demander si cette réalisatrice est crédible pour un brosser le portrait d’un génie de l’art, mais le simple fait qu’elle ait elle-même côtoyé Basquiat donne déjà une piste de réponse avant même de voir ce documentaire.

Rapidement, tout doute s’évapore tant Tamra Davis parvient à trouver une forme cohérente avec son sujet. Ainsi, cette auteure de nombreux clips (pour Depeche Mode, The Smiths, Sonic Youth, Hanson, Beastie Boys…) met au service de son sujet une esthétique MTV caractérisée par un rythme frénétique qui semble partir dans toutes les directions tout en proposant une surprenante cohérence, presque à la manière des foisonnantes et déroutantes œuvres de l’artiste. Alors que beaucoup de documentaires sur des artistes abordent mollement leur sujet et finissent par endormir le spectateur par un didactisme sans âme ni inventivité, "Jean-Michel Basquiat : The Radiant Child" donne ainsi l’impression de vivre l’intensité et la densité de la courte vie de cette personnalité singulière. Bien qu’il soit parfois difficile à digérer à cause de son montage rapide, la diversité des sources (dont des images inédites que Tamra Davis avait tournées dans les années 80), des témoignages et des approches permettent malgré tout d’avoir une vision claire et complète du parcours de Basquiat et donne envie de plonger dans son œuvre. La mission est donc amplement réussie !

Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

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