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JAMAIS LE PREMIER SOIR

Comédie romantique impersonnelle mais attachante

Julie, trentenaire pleine de vie et toute en beauté, se fait lâchement larguer par lettre par son boy-friend du moment. Epuisée par des échecs successifs, elle devient la proie idéale de l’énorme marché basé sur l’épanouissement personnel et l’estime de soi. Et la pensée positive, Julie y croit dur comme fer. Ses deux copines, un peu déboussolées également du point de vue sentimental, beaucoup moins…

Forte de ses trois pièces de théâtre co-écrites avec Vincent Juillet, Mélissa Drigeard passe derrière la caméra en s’essayant plus ou moins adroitement au genre très codifié de la comédie romantique. Exercice difficile donc, dont on ressort avec des sentiments contrastés car en dépit de sa critique cinglante de la « pensée positive » et de son marché lucratif, "Jamais le premier soir" navigue sur des eaux tumultueuses d’où émergent des pics de drôlerie mais aussi des passages plus conventionnels (surtout lors de la seconde partie où l’amour prend le pas sur l’humour). Alors que ses actrices font preuve d’une énergie pétillante et d’un charme certain (Alexandra Lamy y est lumineuse), que ses dialogues sont parfois efficaces et que son sens du comique de situation confine parfois à la pure loufoquerie (on retiendra la dernière scène de Julien Boisselier où l’hystérie ne craint pas de se heurter à la caricature), le métrage échoue à renouveler le genre. Certes, ce n’est pas son ambition et il faut probablement le prendre comme un divertissement qui n’a pour seule aspiration que celle de distraire, mais il reste flagrant que les enjeux sont ici plus que limités.

Pourtant, il émane de ce film bancal une vrai connivence entre comédiens, une tendresse qui ne laisse pas indifférent. Le duo Alexandra Lamy/Jean-Paul Rouve forme un beau couple de cinéma et malgré un personnage un peu laissé de côté (celui incarné par Julie Ferrier), l’ensemble ne tombe jamais dans la facilité ou la sensiblerie et suinte la sincérité, l’envie de faire un film, sûrement mineur mais sans tricherie. Du coup, sous une forme banale qui ne se démarque pas du tout venant des productions française du genre, se cache une rom-com, non sans défauts mais attractif et potentiellement séduisante s’adressant en priorité aux filles qui se reconnaitront, peut-être, dans ce trio de nanas excentriques et un peu « barrées ».

Christophe HachezEnvoyer un message au rédacteur

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