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L'INCOMPRISE

Un film de Asia Argento

Un passage à la caméra pour s’apitoyer sur son sort

Au bord du divorce, les parents égocentriques et infantiles d’Aria, 9 ans, sont bien plus préoccupés par leurs carrières et leurs relations extraconjugales que par le bien-être de leur fille cadette. Délaissée par ses parents, rejetée par ses sœurs et par ses camarades de classe les plus « cools », Aria se réfugie dans sa relation avec sa meilleure amie, et même ailleurs…

Asia Argento a beau clamer que son dernier film derrière la caméra n’est ni autobiographique, ni thérapeutique, le spectateur, connaissant un tant soit peu la biographie d’Asia ou de son père, est en droit de sérieusement en douter, tant de multiples éléments du film coïncident avec le propre vécu de l’actrice/réalisatrice.

Le côté théâtral des fréquentes disputes des exubérants parents évoque à lui seul des souvenirs enfouis de gamine dans lesquels tout est disproportionné d’un point de vue infantile. En plus de cela, du rejet constant de cette petite plus mature que l’ensemble de sa famille, père, mère et sœurs compris, englués dans leurs considérations égocentristes, aux errances et rencontres nocturnes de marginaux, seuls remparts à la solitude d’Aria lorsque tout le monde lui tourne le dos, la construction du film ressemble à une succession de souvenirs ayant marqués une enfance. Si encore le film était proprement structuré… Malheureusement, l’ensemble bordélique et parfois cacophonique ne l’aide pas à tenir sur ses deux heures. Au bout de la première moitié, on peut facilement se rendre compte que la réalisatrice n’a rien de plus à nous montrer que les tribulations d’une pauvre petite en manque d’attention et ballottée entre sa mère et son père.

Bien sûr, le film n’est pas non plus criblé de défauts. A contrario du "Livre de Jérémie", Asia Argento s’attarde à dépeindre la vision de l’enfant face au divorce de ses parents. La petite Guilia Salerno rayonne du haut de ses dix ans, de par son naturel et sa vivacité éclatante à travers ses yeux verts écarquillés d’émerveillement ou de déception. Charlotte Gainsbourg s’en sort également dans son rôle de mère au fond du trou. Mais c’est la seule qui parvient un peu à éviter la caricature par rapport au reste du casting gravitant autour du personnage d’Aria. Le film ne manque pas non plus d’un certain humour, certes appuyé mais faisant mouche. Malgré tout, sur ces deux heures d’atermoiement, l’ennui se pointe assez vite…

Alexandre RomanazziEnvoyer un message au rédacteur

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